SCENE PREMIÈRE
LE ROI ALPHONSE , en ambassadeur ^ allant a Naples; CLEONIS» et autres serviteurs.
LE ROI
Que je brûle de voir sa beauté sans pareille! Mon œil est envieux du bien de mon oreille. Atys me dépeignit son visage si doux Qu'à son premier rapport mon cœur en fut jaloux, Et que, feignant d'aller secrètement à Rome, Je sortis de Sicile avec vous et cet homme. Comme un petit enfant rabaisse ma' grandeur! Amour m'a fait, pour moi, moi-même ambassadeur,
CLÉONIS.
11 a fait bien souvent de ces métamorphoses; C'est un étrange dieu qui fait d'étranges choses; Comme d'autres, les rois sont sujets de l'Amour. Mais, sire, nous voilà bien proche de la cour.
LE ROI
Ce fut donc près d'ici qu'Ormin, Atys et Lerme Virent en Clorimand un courage si ferme, Que la reine, voyant sa résolution
Opposa du secours à leur intention?
Cette rare beauté divertit mon envie,
Et j'avois commandé qu'on le privât de vie.
Que son occasion me donne de souci!
Je serois découvert s'il me voyoit ici.
Amour, voile ses yeux, seconde mon voyage,
Je jure à ton essence un éternel hommage.