SCÈNE IL
ISABELLE seule.
Que tu dépends, mon cœur, de deux cruels tyrans I
Comment recevras-tu leurs avis différens?
Ton amour te convie à soulager ta peine,
Et ton devoir te porte à soulager la reine:
Comme amante, je dois caresser mon amant.
Comme sujette il faut obliger Clorimand.
Adraste, mon souci, combien ton cœur endure
Depuis le jour fatal que cette feinte dure!
Voyant tant de faveurs que Clorimand reçoit.
Tes maux ne sont pas feints, quoique mon feu le soit.
Quand te pourrai-je, hélas! caresser sans offense?
Quand reprendront nos cœurs leur première licence ?
Mais le voici.