‹ uvres de Jean RotrouChapitre 287 sur 422 · ACTE IV, SCÈNE V. 4oi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 4oi

Vous VOUS acquittez bien de ce (qu'on vous commande :

Je n'en désire point une preuve plus grande;

Je vous veux accorder le repos désormais ,

Pour loyer de vos soins, ne me voyez jamais;

Sachez que faire trop et ne pas assez faire

C'étoit à mon amour également déplaire.

Cherchez à vos baisers un autre fondement.

Ne les rejetez point sur mon commandement.

C'est trop d'obéissance, et vous fonder sur elle

C'est de ma volonté faire une maquerelle;

Ce gentil étranger a vos esprits blessés ,

C'est à lui, non à moi, que vous obéissez.

Adieu, n'exercez plus cette charge fatale.

Et ne m'obligez point à revoir ma rivale.

ISABELLE ^faisant la i^éuérence^ et a part en s'en allant. Quoi que fasse le sort, je suis à Clorimand: Je perds une maîtresse et je gagne un amant.

LA REINE seule.

Qu'en cette occasion j'ai manqué de prudence 1 Je cherchois ma ruine en cette confidence. Je fiois au larron un bien qui m'est si cher, Et je devois songer que son cœur est de chair. Mon propre soin suffit en cette amour extrême. Nulle ne peut si bien me servir que moi-même; Il a des qualités trop promptes à charmer. Je le dois seule voir, le voulant seule aimer.

Page 1