SCENE PREMIÈRE
LA REINE, FILÉMON, ^jsit^ de la reine.
lu connois l'Espagnol, plus de discours sont vains, Porte secrètement cette lettre en ses mains.
( Filëmoa sort. )
Quelque effort qu'on oppose à mon affection,
Ce soir terminera ma chaste intention;
Quand la nuit couvrira les cieux d'un voile sombre,
Clorimand , introduit en faveur de cette ombre ,
Apprendra de quelle âme il a reçu des vœux ,
Et rangera la sienne au dessein que je veux.
( Aux gens de sa suite. )
Arrosez tout d'odeur, jetez partout de l'ambre.
Je reçois cette nuit votre prince en ma chambre.
Attendant que l'hymen unisse nos désirs.
Je prépare à ses vœux mille innocens plaisirs;
Je ne veux épargner ni raison ni caresse
A le rendre sensible à l'ardeur qui me presse.
Mais de nos passions jamais ne. rougira
La déesse des nuits qui nous éclairera;
Voyant en ces transports mon honneur sans injure o.
Elle me cédera la quahté de pure:
4o8 LES OCCASIONS PERDUES,
Elle est plus indulgente au garçon qui lui plaît , Et le voit autrement toute chaste qu'elle est.