‹ uvres de Jean RotrouChapitre 318 sur 422 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

TIMANDRE.

Quelque sage conseil que la raison nous donne , Ses yeux pourront autant sur nous que sa couronne; Ce voyage a changé votre inclination, Ma sœur n'est plus l'objet de votre affection.

PARIS

Ah, Timandre! épargnez la plus rare constance Qui jamais combattit contre la résistance , Avec la plus aimable et divine beauté Qui jamais ait taché son nom de cruauté ; Le temps ne peut briser la chaîne qui me lie, Et malgré vos refus j'adore Rosélie :

Que cette déité si contraire à mes vœux N'ouvre jamais la bouche à foui que je veux. Qu'elle évite mes pas, tâche de me déplaire, Accuse mes désirs, me nomme téméraire; Avant que mon esprit soit las de l'adorer, Elle se lassera de me voir soupirer.

TIMANDRE.

Voilà nous témoigner des ardeurs trop parfaites , Elle guérite peu l'honneur que vous lui faites , Et vous en obtiendrez ce que vous souhaitez. Pourvu que mon conseil règle ses volontés. N'en doutez plus , Paris , Timandre est votre frère : Ranimez votre espoir , et pressons cette affaire ; Arrêtons cet hymen, et sans plus différer, Si vous avez dessein de nous tant honorer.

PARIS

Serois-je encor Paris, refusant cette gloire? Monsieur, demandez-vous si Tantale veut boire? Tome I. 29

45o L'HEUREUSE CONSTANCE,

Je meurs d'impatience en des accès si forts.... Quand j'aurai vu le roi , traitons ces doux accords.

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