SCÈNE IL LE ROI, ALGANDRE, LYSAKOR
LE ROI, « Alcandre.
Il suffît, brise là ce discours inutile, Je le crois comme toi que sa naissance est vile; Mais j'aime sa beauté tout ignoble qu'elle est. Et je hais tes discours, autant qu'elle me plaît; Prends tes avis pour toi, souffre que je soupire, Ma raison ne veut point rétablir son empire.
(Il embrasse Timandre, qui entre avec Paris et Argant. )
Ah, Timandre! est-ce toi ? j'attendois ton retour; As-tu pris le souci de servir mon amour? Viens-tu sur ma blessure apporter le dictame? As-tu revu l'objet de ma naissante flamme?
TIMANDRE,
Paris vient s'acquitter d'un soin plus important; Quand il aura parlé, je vous rendrai content.
PARIS
Tout vous succède , sire , en la gloire où vous êtes ; On reçoit dans le ciel tous les vœux que vous faites; La reine dans Pétronne exerce ses désirs Pour rendre votre espoir moindre que vos plaisirs ; Elle préfère aux cieux cette heureuse contrée , Et je viens recevoir l'ordre de son entrée.
LE ROI
Est-elle si charmante? est-ce un objet si beau? Peux- tu par tes discours m'en faire le tableau?