‹ uvres de Jean RotrouChapitre 337 sur 422 · LE ROI, PARIS, ARGANT · texte numérisé non relu

LE ROI, PARIS, ARGANT

LE ROI

Vj/UELQUE orage si grand dont elle nous menace, J'envoie un alcyon conserver la bonace.

Mon frère , en l'épousant , calmera ses transports : Mais encor, que dit-elle en des accès si forts ?

PARIS

Sire , imaginez-vous tout ce que fait la rage Quand elle est absolue en un jeune courage ; Les desseins qu'elle cause en de hautains esprits ^ Et combien une femme est sensible au mépris. Il n'est mal si fâcheux qu'un bon esprit n'endure : La femme peut souffrir la plus cruelle injure, Perdre sa liberté, voir piller ses trésors, Avaler de la flamme, endurer mille morts; Mais depuis qu'une fois elle croit être belle , Elle ne peut souffrir le mépris qu'on fait d'elle; Le temps et la raison sont alors superflus; Cet affront est celui qui la touche le plus. Aussi la reine meurt, enrage, désespère:

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