ACTE III, SCENE III
Il faut sans différer me rendre en Dalmatie; Etes-vous là-dessus maintenant éclaircie?
ROSÉLIE.
Les effets sont enfin conformes à ma peur; Je n'attendois pas mieux de sa jalouse humeur. Pars : ^dieu, laisse-moi; malgré sa tyrannie, Tu verras en mon sexe une force infinie. Puissé-je être l'horreur des hommes et des dieux, Si je le vois jamais que d'un œil furieux! Toi, jouis en repos des faveurs de la reine. Contente ce rival, n'irrite point sa haine; Prenant le nom de roi, souviens-toi seulement D'avoir pris autrefois celui de mon amant ; Et, quelques nouveaux nœuds dont ta main soit liée, Fais que je ne sois pas tout-à-fait oublie'e. Adieu, séparons-nous; modère tes douleurs, Et ne me réduis point à la honte des pleurs.
ALCANDRE, liU tenant la main.
Mon cœur, on nous sépare, et je puis vivre encore! Reine de mes désirs, seul objet que j'adore,
(Elle va pour sortir.)
Ecoute, mon souci, les sermens que je fais; Entends ce mot encore, et ne m'entends jamais : Je jure par la main qui lance le tonnerre , Qui soutient le soleil, et qui forma la terre. Par notre affection, par nos vœux innocens, Et par le doux éclat de tes astres naissans, Que je pars sans dessein de posséder la reine, Que ce tyran m'enjoint une inutile peine. Espérons , mon souci ; conserve ton amour : Adieu. Qu'en te perdant, ne perdé-je le jour!
FIN DU TROISIÈME ACTE
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