‹ uvres de Jean RotrouChapitre 347 sur 422 · PARIS, ARGANT · texte numérisé non relu

PARIS, ARGANT

PARIS

Argant , quelle infortune à la mienne est pareille ? Le roi veut épouser cette jeune merveille ; Près de la reine aussi tout espoir m'est oté, Alcandre va jouir de sa rare beauté.

AKGANT.

Je suis aise de voir votre espérance vaine. Je veux perdre le jour si je plains votre peine ! Le sort vous fait encor un traitement trop doux, Et jamais le malheur ne fut mieux dû qu'à vous. Aliî que vous savez mal connoître la fortune, Son humeur d'obliger n'est pas trop importune; Ce qu'elle offre une fois, elle ne l'offre plus, Elle n'a point deux fois la honte d'un refus.

( Fiosélie vient. ) PARIS.

Je vois les yeux vainqueurs qui m'ont l'âme ravie.

R o s É L I E , pensant être seule. Quel désastre ne cède à celui de ma vie! Alcandre, aimable objet, tu n'es plus en ces lieux. Et la lumière encore est permise à mes yeux! Hélas! que me sert-il d'en conserver Tusage? Puis-je espérer encor de revoir ton visage ?

PARIS , V abordant.

L'amour, chère beauté, vous fait rêver ainsi?

ROSÉLIE.

Oui, mais ce n'est pas vous qui causez ce souci.

Page 1