ACTE lY, SCENE IL BGj
ORAZÏE.
Hélas! je suis perdue.
MÉNECHME Sosicle.
Tu ne peux éviter la peine qui t'est due;
Tout le pouvoir du ciel, contraire à mon dessein,
Ne m'empêcheroit pas de te percer le sein.
ORAZIE.
O dieux! quelle folie est égale à la sienne! Je vais chercher ici quelqu'un qui le retienne.
( EUe sort. ) MÉWECHME Sosicle.
Me dois-je contenter de ces rares effets? La sorcière est en fuite, et ses démons défaits. Ce cavalier armé nuit encore à ma gloire ; Il faut que sa défaite achève ma victoire.
LE VIEILLARD
Dieux! en l'état qu'il est, dois-je attendre ses pas? Regarde qui je suis, et ne m'approche pas.
MÉNECHME Sosicle.
Tu refuses, timide, un combat honorable; Tu n'oses repousser ma force incomparable; Tu trembles, tu pâlis : lâche! tu fuis en vain. Rien ne te peut sauver des efforts de ma main,
LE VIEILLARD
Hélas! combien son mal accroît sa violence!
MÉWECHBIE Sosicle.
Le ciel ne te pourroit soustraire à ma vaillance.
LE VIEILLARD
D'où naît cet accident? ô sévère destin! Evitons sa fureur, courons au médecin.
(Il sort.)
568 LES MENECHMES,
MÉNECHME Sosicle, seul.
Les dieux ont à la fin ma prière écoutée; Ces fous qui m'ont fait fou , m'ont la place quittée. Les agréables fous, dont les cris m'ont forcé De feindre que comme eux j'avois l'esprit blessé ! Ils reviendront bientôt si je ne me retire: Par des lieux écartés retournons au navire. O dieux! en ma faveur guérissez leurs esprits. Ou ne leur montrez pas le chemin que j'ai pris.
(11 sort.)