SCÈNE IL
LE PAGE, LES VOLEURS, se battant.
LE PAGE
De quelque heureux exploit que votre bras se loue, Voleurs , dès le berceau destinés à la roue , Mon adresse n'a pas d'assez lâches défauts , Pour souffrir que ma mort dresse vos échafauds. J'espère , si l'effet répond à mon courage , D'obliger vos destins par un pieux outrage, Et de vous affranchir des honteux appareils Que les mains des bourreaux dressent à vos pareils.
PREMIER VOLEUR
Eprouve que ce bras sait punir l'insolence De semblables causeurs, d'un éternel silence.
DEUXIÈME VOLEUR
Souffre que ma valeur le mette au rang des morts, Et réserve la tienne à de plus grands efforts.
LE PAGE
Ah , cruauté du sort ! ah , fortune traîtresse !
Que ces lâches voleurs aient forcé mon adresse !
Infâmes, je reçois un traitement trop doux.
Vous épargnez un traître, et qui vaut moins que vous.
( Ils le lient à un arbre. )
PREMIER VOLEUR
Mon cœur ne se hasarde à semblable aventure, Qu'afin de signaler sa courtoise nature.