‹ uvres de Jean RotrouChapitre 51 sur 422 · ACTE V, SCÈNE III. Sî · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. Sî

Ce discours lui rendit le jugement si sombre , Qu'il crut et croit encore n'être plus rien qu'une ombre; Cléonice l'adore et tâche à le tirer....

ALIASTE.

Ah , dieux! quel mot, cruel, viens-tu de proférer ? Cloridan seroit-il ce mort qu'on me préfère?

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Mais en vain cette belle en sa faveur espère. Dans la puissante erreur qui trouble sa raison, On dit qu'il aime encor sa première prison, JEt qu'il avoue à tous, en cette rêverie. Que Perside est l'objet de sa douce furie. Je ne puis qu'ajouter, sinon que deux voleurs Ont mis ce criminel en ce point de malheurs, Dont vous dussiez déjà tirer son âme ingrate, Qui n'a rien que l'espoir de la mort qui la flatte^

PERSIDE

Quoi qu'on doive de peine à ta noire action , Mon esprit indulgent force ma passion.

Rompons-lui ces liens.

LE PAGE

Non, j'ai plus de courage; Votre faveur me nuit, et la pitié m'outrage. Si ce cœur ne reçoit sa peine de vos bras , Je veux de cette main punir mes sens ingrats. Votre ressentiment peut-il sans injustice. Différer d'un instant un si juste supplice ? Et ne craignez-vous point que les charmes de l'or Ne me portent un jour à vous trahir encor?

PERSIDE

Admire seulement combien je suis humaine ,

Et ta confusion te servira de peine.

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