ACTE V, SCENE VI. gS
ALIASTE.
Dieux! en si peu de temps voir ce charme défait!
CLÉONICE
Ce bonheur me ravit d'étonnement et d'aise.
PERSTDE.
Si je t'ai baisé mort, que vivant je te baise; Qu'un heureux souvenir signale ce beau jour, Oîi nous ne sommes plus malades que d'amour.
ORONTE
Si la santé n'a point son âme refroidie ,
Je promets un remède à cette maladie ,
Et consens que le ciel, qui par de saints accords
A conjoint vos esprits, conjoigne aussi vos corps.
CLORIDAW.
Ah! ces mots suffîsoient à me rendre la vie, Dans l'erreur où j'étois qu'on me l'avoit ravie; Pourrai-je en ce bonheur payer un bien si doux, Et que vous dois-je offrir si je suis tout à vous ?
ÉRIMANP.
Aliaste, épousant ma fille et ma fortune, Par un même bonheur rendra l'aise commune.
ALIASTE.
Dieux! qu'un arrêt si cher me charme les esprits , Et qu'on donne à ma peine un agréable prix.
Vivez, heureux amans, et goûtez les délices Qu'un favorable hymen doit à vos longs supplices; Que jamais les froideurs ni les dissensions