PREMIER MORT
Donc, fol, à ton sujet Les rigueurs du destin m'ont encor pour objet ! Ce mal ne m'est venu que pour ton allégeance ; Et ce cœur laisse encor balancer ma vengeance! Ah! ce coup t'affranchit.
(Il tire un coup de pistolet charge' seulement à poudre contre Cloridan.)
CLORIDATT.
Perside, à mon secours !
Inhumains! que le coup de ma mort trouve sourds, Vous pouviez m'obliger d'une défense aisée ; Et vous convertissez mon malheur en risée.
( Il sort de son erreur. )
Mais dieux ! ce coup me laisse un libre mouvement ,
Et je n'en puis trouver la marque seulement:
Ma raison voit enfin la fourbe découverte:
On me rend la santé sous le front de ma perte :
Refuser du secours , c'étoit me secourir,
Et vous me guérissez par la peur de mourir.
Je ne puis reconnoître un si pieux office
Qu'offrant un cœur tout nu pour ce doux artifice ;
Que j'ai gardé long-temps des charmes si puissans !
Et qu'une longue erreur a gouverné mes sens!
Maintenant ma raison, qui règne et la surmonte,
M'en laisse seulement la mémoire et la honte.
ÉRIMAND.
Heureuse invention!
Mais plus heureux effet!