‹ uvres de Jean RotrouChapitre 62 sur 422 · PREMIER MORT · texte numérisé non relu

PREMIER MORT

Donc, fol, à ton sujet Les rigueurs du destin m'ont encor pour objet ! Ce mal ne m'est venu que pour ton allégeance ; Et ce cœur laisse encor balancer ma vengeance! Ah! ce coup t'affranchit.

(Il tire un coup de pistolet charge' seulement à poudre contre Cloridan.)

CLORIDATT.

Perside, à mon secours !

Inhumains! que le coup de ma mort trouve sourds, Vous pouviez m'obliger d'une défense aisée ; Et vous convertissez mon malheur en risée.

( Il sort de son erreur. )

Mais dieux ! ce coup me laisse un libre mouvement ,

Et je n'en puis trouver la marque seulement:

Ma raison voit enfin la fourbe découverte:

On me rend la santé sous le front de ma perte :

Refuser du secours , c'étoit me secourir,

Et vous me guérissez par la peur de mourir.

Je ne puis reconnoître un si pieux office

Qu'offrant un cœur tout nu pour ce doux artifice ;

Que j'ai gardé long-temps des charmes si puissans !

Et qu'une longue erreur a gouverné mes sens!

Maintenant ma raison, qui règne et la surmonte,

M'en laisse seulement la mémoire et la honte.

ÉRIMAND.

Heureuse invention!

Mais plus heureux effet!

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