‹ uvres de Jean RotrouChapitre 7 sur 422 · SCÈNE IL LISIDOR, CLÉONICE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LISIDOR, CLÉONICE

LISIDOR.

Donc le temps qui guérit enfin les misérables , N'aura jamais pour moi de momens favorables ! Donc la suite des jours qui fait les nouveautés , Ne peut rien sur mes feux ni sur tes cruautés! Ingrate, qu'un regard accorde à mes services Un moment de plaisir après tant de supplices ; Ces astres ennemis qui causent mon malheur , Cessant de me blesser , augmentent ma douleur : Quoi ! ce cœur de rocher que ton beau corps enserre, Réglant tes passions , te fait aimer la terre ; Ton œil, qui n'a pour moi que des feux et des dards. La choisit pour objet de ses plus doux regards! De quels appas si chers la trouves -tu pourvue Qu'ils doivent si long-temps entretenir ta vue ?

CLÉONICE

Cette verdeur me plaît.

LISIDOR.

Aime -la donc aussi Dans ce cœur, et la fais succéder au souci; Que l'espoir d'être aimé relève le courage D'un amant dont l'effort cède à ce long orage.

CLÉONICE

Si je dois concevoir que la sincérité

Joigne à tant d'apparence un peu de vérité;

Et si les passions qui produisent vos plaintes,

Page 1