ACTE I, SCENE IV
Quand le duc de Calabre en sera possesseur, Tu n'auras plus alors de craintes qui t'affligent; Mais des raisons d'état à cet ordre m'obligent.
LILIA]yE.
Mais le comte s'avance, et peut-être le jour Le doit rendre en Sicile , et trahir notre amour.
Laisse-m'en le souci; quelque injure forgée Rendra son espérance en peu de temps changée. Le duc et lui saisis pour un crime imposé, Trouves-tu pas , mon cœur, cet artifice aisé? Même , pour mieux couvrir notre amoureuse feinte , Il faut que , comme étant du même crime atteinte , Pour un temps le palais te serve de prison: Où la force nuiroit la ruse est de saison. Et cette fausse peur fera tourner en honte L'aveuglement du duc , et les desseins du comte. Mais qu'inespérément je me trouve surpris! Quelle crainte, mon cœur, altère tes esprits ?