‹ uvres de Jean RotrouChapitre 79 sur 422 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, LE DUC, LILIANE, valets.

LE DUC

Que j'ai d'occasion de bénir ce beau jour

Où le ciel m'a si bien signalé son amour!

Que je lui dois de vœux! Que mon âme est contente

De me voir à la fin d'une si douce attente!

Après tant de soucis, enfin, je trouve en vous

Le gendre que je veux, et ma fille un époux.

LE comte.

Vous trouvez un sujet, et madame un esclave

Dont un enfant se joue, et qu'une fille brave :

Mais que ce prisonnier, adorable beauté ,

Soit un objet d'amour plus que de cruauté;

Qu'il ne soit point puni, puisqu'il n'est point coupable.

(Il la baise avec peine.)

Cruelle, qui vous rend à mes vœux intraitable? Pourquoi défendez-vous qu'en l'état où je suis, Un baiser seulement allège mes ennuis ?

Page 1