‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 114 sur 547 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

FAClLrrÉ 00 DIFFICULTÉ d'eMPÊCHER LES DÉLITS. CIN- QUIÈME CIRCONSTANCE QUI INFLUE SUR l'aLARME.

L'esprit se porte d'abord à comparer les moyens d'attaque et les moyens de défense, et selon qu'on juge le crime plus ou moins facile , l'inquiétude est plus ou moins vive. Voilà une des raisons qui élèvent le mal d'un acte de brigandage si fort audessus du mal d'un larcin. La force atteint à bien des choses qui seraient à l'abri de la ruse. Dans le brigandage, celui qui porte sur le domicile est plus alarmant que celui qui se fait sur les grandes routes; celui qui se commet de nuit plus que celui qui s'opère en plein jour ; celui qui se combine avec un incendie, plus que celui qui se borne aux moyens ordinaires.

D'un autre côté , plus nous voyons de facilité à nous opposer à un délit, moins il nous parait alarmant. — L'alarme ne saurait être bien vive quand il ne peut se consommer que du consentement de celui qui peut en souffrir. Il est aisé d'appliquer ce principe à l'acquisition frauduleuse, à la séduction, aux duels , aux délits contre soi-même , et nommément au suicide.

La rigueur des lois contre le vol domestique a été fondée sans doute sur la difficulté de s'opposer à ce délit. Mais l'aggravation qui en résulte n'est pas égale à l'effet d^uiie autre circonstance qui tend

ambUion,vanllé,vengeance, animosilé, lâcheté, etc. Quand un motif porte un nom réprouvé, il pafatt contradictoire d'avancer qu'il en peut §8uller quelque bien ; quand il porte un nom favorisé, llrjiaratt également contradictoire de supposer qu'il puisse <m résulter quelque mal. Presque toutes les disputes momies roulent sur ce fond. Pour les couper par la racine, il faut donner aux motifs des noms neutres. Alors on peut s^arrélcr à Pexamen de leurs efiFets, sans être importuné par PaisociatloQ des idées vulgaires.

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