Discours d'humiliation qui lui est prescrit
5. Robes emblématiques (dont il peut être revêtu dans des cas particuliers ).
G. Masques emblématiques , à tête de couleuvre , \)o\iv (les CBS de mauvaise foi; à tête de pie ou de perroquet , pour d*is cas de témérité.
7» Témoins de Tinsulte appelés à être témoins de la rt> para lion,
S. Les personnes dont Testime importe beaucoup au coupable ^ appelées à l'exécution de la sentence.
9, Publicité du jugement, par le choix du lieu, 1 alBuenee des spectetetirs , Fimpression , l'affiche, fa dislrihuLîon de b sentence.
10, Banniasemeul pUis ou moins long , soit de la présence île la parité lésée , soit de celle de ses amis. Pour insulte faite en Uêu public, comme marché , théâtre ou église, bannissement de ces lieux.
11, Pour insulte corporelle, talion infligé par la partie lésée, ou, à son choix, par la main du liùurrciuK
1 û . Four insu lie faite à une femme , Phomme sera affublé d'une coiffure de femme, et le talion pourra lui être infligé par la main d'une femme.
Plusieurs de ces moyens sont nouveaux, et i|uclqués-unB paraîtront singuliers : mais il faut bien des moyens nouveaux , puisque l'expérience a démontré l'insuffisance des anciens ; et quant à leur singularité apparente , c'est par là qu'ils sont adaptés à leur but , et destinés par leur analogie à transporter sur PofiFenseur insolent le mépris qu'il a voulu fixer sur l'innocent ofFensé. Ces moyens sont nombreux et variés pour répondre au nombre et à la variété des délits de cette espèce , pour s'assortir à la gravité des cas, et fournir des réparations convenables aux différentes distinctions sociales, car il ne faut pas traiter de la même manière une insulte faite à un subalterne ou à un magistrat , à un ecclésiastique ou à un militaire , è un jeune homme ou à un vieillard. Tout ce jeu de théâtre, discours, attitudes, emblèmes, formes solennelles ou grotesques , selon la différence des cas; en un mot, ces satisfactions publiques , converties en spectacles, fourniraient à la partie lésée des plaisirs actuels et des plaisirs de réminiscence
qui compenseraient bien la mortification de Tinsulte.
Observez que l'injure étant opérée par un moyen mécanique , il faut qu'il entre un moyen mécanique dans la réparation : autrement elle ne frapperait pas l'imagination de la même manière et serait incomplète. L'offenseur s'étant servi d'une certaine forme injurieuse pour tourner le mépris public sur son adversaire, il faut employer une forme analogue d'injure pour retourner ce mépris contre lui. C'est dans l'opinion qu'est le siège du mal , c'est dans l'opinion qu'il faut porter le remède. Les blessures de la lance de Télèphe ne se guérissaient que par l'attouchement de cette même lance. Voilà le symbole des opérations de la justice en matière d'honneur. C'est par un affront que s'est fait le mal , ce n'est que par un affront qu'il peut se réparer.
Suivons l'effet d'une satisfaction de ce genre. L'homme injurié , réduit à un état intolérable d'infériorité devant son agresseur, ne pouvait plus se rencontrer avec sûreté dans le même lieu , et ne découvrait dans l'avenir qu'une perspective d'injures : mais aussitôt après la réparation légale , il regagne ce qu'il avait perdu , marche avec sécurité , la tête levée , et acquiert même une supériorité positive sur son adversaire. Comment s'est fait ce changement? C'est qu'on ne le voit plus comme un être faible et misérable, qu'on peut fouler aux pieds: la force des magistrats est devenue la sienne: nul ne sera tenté de lui renouveler une insulte dont la punition a eu tant d'éclat. Son oppresseur, qui avait paru un moment si altier, est bientôt tombé de son char de triomphe : la peine qu'il a subie sous les yeux de tant de témoins montre bien qu'il n'est pas plus à craindre qu'un autre , et il ne reste rien de sa violence que le souvenir de son châtiment. Qu'est-ce que l'offensé pourrait désirer de plus? Quand il aurait la force d'un athlète , ferait-il davantage?
Si le législateur eût toujours appliqué convenablement ce système de satisfactions, on n^eût pas vu naître le duel, qui n'a été et n'est encore qu'un supplément à Pinsuffisance des lois. A mesure qu'on remplira ce vide de la législation par des dispositions capables de protéger l'honneur, on verra diminuer Pusage des duels, et il cesserait même tout à fait si les satisfactions honoraires étaient exactement au titre de l'opinion, et fidèlement administrées. Autrefois les duels ont servi, comme moyen de décision , dans un grand nombre de cas pour lesquels ce serait le comble du ridicule de les employer aujourd'hui. Un plaideur qui enverrait un défi à son antagoniste pour prouver un titre ou établir un droit, serait réputé fou : au douzième siècle ce