‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 209 sur 547 · Contre l'empoisonnemeat · texte numérisé non relu

Contre l'empoisonnemeat

Donner des instnrctféns sur li^s diverses sub- ^ stances qui peuvent servir à empoisonner, avec les moyens de les découvrir et la méthode de les guérir. Si de telles instructions étaient répandues indis^ tinctement dans la multitude, elles pourraient faire plus de mal que de bien : c'est un de ces cas particuliers où le savoir est plus dangereux qu'utile. Les moyens d'employer les poisons sertient plus sûrs que les moyens de les guérir. Le milieu convenable c'est de limiter la circulation de ces instructions dans la classe d^s personnes qui peuvent en faire un bon usage, tandis que leur état, leur caractère et leur éducation , garantissent contre le danger de l'abus : tels sont les ministres des paroisses , et les praticiens de médecine; Dans cette vue, les instruc- ■lions devraient être en langue latine, qu'ils sont censés connaître.

Mais, pour la connaissance de ces poisons qui se présentent sans qu*on les cherche, et que l'ignorance peut administrer innocemment , il faut la .rendre aussi familière que possible. 11 faudrait une

étrange dépravation dans le caractère d'un peuple, pour que la ciguë , qui se copfond si aisément avec le persil, et le cuivre, qui est si sujet â se dissoudre des vaisseaux dont l'étamure est usée , ne fussent pas plus souvent administrés par méprise que p^r dessein. Dans ce cas, il y a plus à espérer qu'à craindre de la communication des lumières , quelque dangereuse qu'elle soit.

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