‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 255 sur 547 · TRANSPLANTATION DES LOIS CUEZ DIFFÉRENTS PEUPLES · texte numérisé non relu

TRANSPLANTATION DES LOIS CUEZ DIFFÉRENTS PEUPLES

supérieure, il la déshonore: rhoiume touché lire mo Ëiihre <t tiji le malheureux sur Isf place. Cet huniJ€ii1e , (^ueiiaiis sansremords^ est aussi légitime dans k^ liiiUs que s'il avait lieu pour la défense de soi-même.

Un préjui^é SI fbrt, toutMitjv^te , tout féroceqn'il est^ eiLigçr^it de la part du législateur une fjraude condrsnndancc. Il faul de • Part pour l'a-' iluucir ou le roinbaltre; mais ii faudrait mieux .lui cétkr loisL à fait que de se ôompromcUre inutile- ^ ruent et d*aiposer les meilleures lois à devenir

3. Déii/.s fiemi-publios, Différenics contrées sont î^njettes a lUiTéri-ules calaiiailés , selon la position , le climat, Ui nalure des produits, les moyens de défense, etc. De là résulte nécessairement une grande variété dans les lois de police.

Dans les pays qui renferment les levains de la peste , et dans ceux qui sont exposés à cette contar gion , il est des précautions nécessaires auxquelles correspondent des délits purement locaux. Ce sera, un délit, par exemple, de passer d'une ville dans l'aulre, d'aborder dans un port, de sortir d'un vaisseau avant le temps prescrit, de désembarquer un ballot de marchandises , etc.

La Grande-Bretagne, avec son gouvernement actuel, son étendue, ses ports nombreux, son commerce, ne pourrait pas être exposée au fléau de I4 famine, par le monopole et Ies.combinaisons des associations mercantiles. Mais on ne (fevrait pps s'a)q)uyer de Texeihple de l'Angleterre quand il s'agirait d'une S)e moins étendue, moins fertile^ peu commerçante, et soumise à un régime difPérent. Cette famine du Bengale , qui , en 1769, fit périr plusieurs millions d'hommes , nous croyons, pour l'honneur de l'humanité, qu'elle n'eut d'autre cause que l'inclémence des saisons et l'imprudence involontaire du gouvernement , qui avait changé sans précaution, sans mesure, tout le système de l'administration ; mais il n'est que trop certain que les hommes en place auraient pu amener le même fléau à la suite de leurs combinaisons pour s'enrichir par la rareté et la cherté des denrées.

Dans les pays maritimes où les c6tes sont basses et composées d'un terrain mou et sablonneux, croissent souvent différentes sortes de plantes'» surtout de l'espèce des roseaux ^ qui , par len ombre et l'entrelacement de leurs' racines , rendent le sol * plus tenace et plus capable de. résister au mouve-* ment des eaux. Les lois de plusieurs peuples européens ont défefidu la destruction de ces plantes , qui forment une digue naturelle : il çst bien clair que. dentelles lois seraient superflues dans des situations différentes.

Dans les provinces de Flandre et de Hollande ,

l'extrême vigilance, nécessaire pour se garantir des incursions de la mer, a occasionné plusieurs règlements dont on n'aurait pas besoin dans une position plus élevée.

Dans les villes où la froideur du climat exige que les maisons soient éfiaisses , et où la cherté du terrfiin fait qu'on les bâtit à plusieurs étages, le dauger des écroulements nécessite des précautions légales, qui n'ont pas lieu dans ces contrées brûlantes où une maison ordinale n'est presque qu'un large ^rasol.

Dans un climat chaud , des eaux stagnantes seraient malsaines : cet objet demandera des léglemenls.qui ne seraient pas nécessaires dans une région tempérée.

La Sicile et d'autres parties de Tltalie souffrent beaucoup par la chaleur excessive du siroco. Quelques provinces de l'Orient sont affectëet de la même manière parle samiely et même plusieurs voyageurs disent que le premier souflïe de ce vent est sojwent fatal à ceux qui le respirent. Ainsi, dans ces contrées, si un bois, un coteau , uue muraille, mettent à couvert un voisinage contre ce terrible fléau, la destruction de ces sortes d'abcis peut être prévenue par des peines qui seraient sans motif dans d'autres climats.

Un puits .est d'une valeur inestimable dans les déserts de TArabie. Enfermer ou faire perdre les eaux d'une seule source, ce serait exposer des milliers d'hommes à périr de soif ,- et rendre peut-être impralieaMç la commtraication ^wn district avec un autre.

Ce serait'f)resqne un aussi grand mal de détruire, dans les solitudes de la Sibérie , le petit nombre d-'hôtelleries qui sont préparées aux voyageurs. H doit donc y avoir une police relative à cet objet , qui n*exige aucune précaution dans les pays )>eu* plés.

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