Blasphèmes
5. Profanations. Syn. : Voies de fait contre tel ou tel obje( de culte.
^ Pour aller an-devant des objections, J^avertis qn*il8*agit ici de la religion considérée tous le point de vue de son utilité politique et null^oienl de sa vérité. — Quant aux effets que la religion p«ut avoir pour nous préparer à une meilleure vie ou pour nous rassurer, c*est ce qui n^est point du tout du ressort du législateur. — Il faut dire déiiU
Les autres tendant à pervertir l'emploi de la sanction religieuse. Je les comprends sous le nom de caco-thëisme : il se divise en trois branches.
1. Dogmes pernicieux : dogmes attribuant è la Divinité des dispositions contraires au bien public; par exemple: dogmes attribuant à Dieu d'avoir créé un fonds de souffrance supé-
■ rieur à celui des plaisirs. — Dogmes imposant des peines mal fondées , excessives et inutiles. — Dogmes suborneurs qui accordent des pardons dans les cas où la peine serait convenable , qui offrent des récompenses pour des actes qui ne sont bons à rien , etc.
2. Dogmes frivoles : dogmes de la croyance desquels il ne résulte aucun bien moral , et de l'autorité desquels il résulte de très-mauvais effets entre ceux qui les admettent et ceux qui les rejettent.
5. Dogmes absurdes : autre moyen d'attribuer à DieB la malveillance, — le feire auteur d'un système de religion obscur et inintelligible.
Le caco-tbéisme produit des délits atroces : il abrutit le peuple, il fait penécuter les sages, il remplit les hommes de terreurs, iUeur interdit les plaisirs les plus innocents , il est le plus dangereux ennemi de la morale et de la législation. Les peiies contre les propagateurs de ces doctrines funestes seraient bien fondées, car le mal qui en résulte est réel ; mais elles seraient inefficaces, elles seraient superflues, elles seraient ineptes. Il n'y a qu'un seul antidote contre ces poisons: c'est la vérité. Ces dogmes , une fois convaincus de fausseté , cessent d'être pernicieux et ne sont plus que ridicules. L'opinion qui les soutient doit être attaquée comme toute autre opinion. Ce n'est pas le glaive qui détruit les erreurs, c'est la liberté de l'examen. Le glaive dirigé contre les opinions ne prouve autre chose que l'union de l'ineptie et de la tyrannie.
J'en dis de même de l'athéisme, quoique l'athéisme soit un mal par comparaison avec un système de religion conforme au principe de l'utilité , consolante pour le malheur et propice à la vertu ; cependant il n'est pas nécessaire de le punir : c'est à la sanction morale à en faire justice. Cette opinioo n'est ici qu'énoncée , mais elle sera prouvée ailleurs.
contre la religion , Pentité abstraite , et non pas délits contre Dieu , PÉlre existant. Car comment un chéUf mortel pourrait-il offenser PÉlre impaAible et affecter m bonheur? Dans quelle classe rangerait-on ce cMme imaginaire? Serait-ce un délit cootre sa personne , ta propriété , sa réputation ou sa condition 7
AVANTAGES DE CETTE CLASSIFICATION DES DÉLITS