DES TROIS DÉBATS POUR LES PROJETS DE LOI
des derniers. C'était un contre-sens de débat ; el l'ennui de ces harangues isolées , tontes indépendantes les unes des autres, produisait une impatience, une lassitude qui disposait à précipiter les conclusions les plus importantes.
»• Quand Tordre de la parole est fixé d'après celui des dif^nités et des rangs , il j^ a un inconvénient de plus, il tend à fortifier une influence indue. Qu'il y ait , dans toutes les assemblées , des hommes qui abdiquent leur propre volonté pour se gouverner par celle. d'un autre, c'est un mal qu'il est impossible de prévenir; mais, du moins, il ne faut rien faire pour l'augmenter : et on Taugmente en établissant un ordre de parole d'après lequel les inférieurs sont forcés de connaître l'opinion de leurs supérieurs.
L'arrangement libre laisse à la probité une ressource de plus. Tel qui n'oserait pas combattre l'avis déctaréd'un homme puissant, oserait être libre dans les cas où il n*est pas censé le connaître.
6*> Enfin , par rapport aux droits des individus , C0^ ordre fixe est une véritable inégalité, dans un cas où l'égalité est justice. Quel que soit l'avantage de parler avant ou après tel individu , il n'y a point de raison pour le donner à l'un de préférence à l'autre.
Je ne vois d'autre objection à ce plan que le danger des contestations entre ceux qui se présentent simult^némenl pour demander la parole. Si le président décide, il peut montrer de la partialité. Si l'on en appelle à l'assemblée , quelle perte de tem|)s ! Et d'ailleurs les membres en défaveur seront le plus souvent éconduits. La majorité même peut abuser de ce droit pour exclure la minorité de l'exercice de la parole.
Je réponds a cette objection par l'exempte du parlement britanniqiie. Il n'y a point d'ordre de priorité. La manière de demander la parole , c'est de se lever de son siège air moment où celui qui parlai! s'est assis. Dans un cas de doute entre plusieurs postulai) ts, c'est an président à décider, c'est-à-dire provisoirement; car, en dernier ressort, ^a^léeision appartient à la chambre.
Dans le fait , la règle qui donne la parole au premier levé est souvent enfreinte. Le président trouve moyen de ne pas voir les mauvais orateurs , et tant que sa partialité s'accorde avec celle de l'a'ssenJblée-, Il n'y a point de réclamation. Mais les ôrafein^s dis* tingués, quel que soit lenr parti , 6[onl toujours sûrs d'être entendus. Sans celte violation dé. la règle, on ne finirait rien. Où est l'incontéiiient de se refuser, le plus qu'on peqtà dés harangues insipides? * IjCS marques d*tuimeur, l'iîfîpatience , le bniit , les conversation^ partictiFièr«s , et d\iutres modes de découragement, sont quelquefois nécessaires pour
rebuter des parleurs* importuns et opini4tres. Mais il vaut encore mieux les prévenir par xe pouvoir arbitraire qu'exerce le président , sous Pautorité de l'assemblée.
Quanta re\diisînn d'un parti, c'estte qni n'est jamais arrivé m AnfTlf terre, et ce qui ne peut arriver dans auciine assemblée ^ sans une conspiration trop inique, trop honlense pom- exister, au moins sous le régime ile la publicilé, iTii discours éloquent et jiidicieïrx se fait écouter avec plaisir par ceux mêmes donl t) conlrirViclis vues. Une harangue inepte dépiall. h tout le monde , mais surlotil à ceux qu'elle prétend servir, e^v elk les discrédile. CVst en fait de parti qu'on peut dire f
Rfeo n'est plus dangereux qu^un ignorant anri.
Ainsi.la naturçde la cbose fournit acT président des n^otifs qui régleronlice pouvoir di^rétionnel d'après l'utilité général» de l'assemblée.