DE LA FIXATION DU NOMBRE NÉCESSAIRE POUR FORMER UNE ASSEMBLÉE
acquérir un potte honorable à titre onéreux ? Ne Terrait-on pas des devoirs oufertement enfreints , et «ne sorte de gloire attachée à cette infraction même? II se formerait peut-être deux classes dans rassemblée, ceux qui seraient payés pour leurs fonctions , ceux qui payeraient pour ne pas les remplir ; et comme Topulence donne le ton , il pourrait en rejaillir une espèce d*a?ilissement sur la classe utile et laborieuse.
il faut donc une peine qui soit telle pour tout le monde, une peine très-légère, mais inévitable. Il est vrai que les excuses seront admises ; mais il n'est pas naturel que , pour éviter le désagrément d*un jour d*arrèt, on ^compromette son honneur par un mensonge.
Ces moyens seront encore renforcés par un registre , dans lequel tous les cas d'absence seront spécifiés. Les noms y seront inscrits , avec la date du jour de l'absence , les excuses données ou les jours d*arrèt subis. €e mémoire sera imprimé à la fin de chaque session.
Le pouvoir d'accorder ded congés ne doit pas exister. Ce pouvoir réduirait bientôt la demande qui en serait faite à une formalité futile.
Si ce règlement eût existé dans le sénat de Rome, [çs lettres ik' Ucéron ne contiendraient pas tant de plainleâ amëj^cs Cf>ntre ces sénateurs qui le laissaient presque seul lullcr contre la corruption et l'in- Irinue , pour se livrer à leurs plaisirs dans un repos voluptueux, ou plutôt pour éviter de se compromellrn , H prcvanquer sans danger.
Pour savoir jusqu'où peut aller l'abus de l'absence, il faut considérer ce qui se passe en Angleterre.
Dans la chambre des communes , sur six cent cinquante-huit membres , on exige la présence de quarante, et souvent ce nombre ne se trouve pas. Les annales offrent peu d'exemples d'une séance où il n'ait manqué un cinquième du nombre complet. Qu'on juge par là du cours ordinaire !
Les deux tiers de cette assemblée sont composés de personnes pour qui les fonctions du parlement ne sont qu'un objet secondaire. Mettez à part les hommes en place et les chefo de l'opposition qui cherchent à leur succéder, il reste des hommes de toi, des négociants, des hommes du monde, qui, â moins d^un intérêt particulier dans i^ne question , ne vont à la chambre que comme à un spectacle, pour varier leurs amusements, ils s'en éloignent pour le moindre plaisir. Ce sont eux qui , en général, composent la dassedont les deux partisse disputent les suffrages, et à laquelle ils adressent leurs plaidoyers.
Faut-il s'en prendre aux individus? Non, car, à cet égard comme à tout autre, les hommes sont ce que les fois les font être.
Celles qui existent pour prévenir cet abus sont bien faites pour être inefficaces. Dans les anciens temps , on a statué des amendes , cinq livres sterling, puis dix , puis quarante, etc. Ce mode est passé. II ne reste que l'emprisonnement chez le sergent de la chambre (ce qui implique une assez forte rançon à titre d'honoraires). Mais de cette peine même, il n'existe guère que la menace. Elle ne peut avoir lieu que dans le cas d'un appel spécial (acallofthe house)^ comme si un devoir constant ne devait se remplir qu'à certaines époques ; et , dans le cas de cet appel spécial, une excuse solide ou frivole, vague ou articulée , suffit pour se dispenser. Uo tribunal peul-il être sévère quand tous les juges sont intéressés dans la contravention? Peut-on s'attendre qu'un corps politique fasse des lois efficaces pour prévenir un abus dans lequel chacun trouve son compte ?
Il faut dire toutefois que celte négligence habituelle, qui aurait perdu toute autre assemblée, a des palliatifs particuliers au régime parlementaire.
La division en deux partis les a engagés ins^siblement à se laisser représenter par une certaine portion de chacun d'eux. Chaque portion est comme le tout. Dans les questions importantes , c'est-à-dire d'une importance relative au parti, les chefs donnent le signal , et l'on vient en nombre.
Il y a peu de danger de surprises, parce que les motions principales sont annoncées d'avance, et que toutes les mesures ministérielles passent par plusieurs délibérations , à jours différents. Si la décision prise par le petit nombre est contraire au vœu de la majorité , on se rassemble en force le jour suivant, et l'œuvre de la veille est abrogée.