CHAPITRE XXIX
FIXER l'heure des SÉANCES.
Il faut bien que rheure où la séance s'ouvre soit filée.
Mab convient-il d'avoir une heure fixe pour la lever, même au milieu d'un débat? Je dis une heure fixe, ou à peu près, car il doit être admis qu'on laisse achever un discours commencé.
Ce règlement me parait très-convenable, et plus important qu'il ne parait l'être au premier aspect.
A considérer les convenances personnelles, cette fixation de l'heure, utile à tous, est nécessaire aux valétudinaires et aux vieillards. Un inconvénient qui peut détourner les personnes faibles et délicates de ce service national , ne doit pas être négligé.
Mais la raison principale est qu'il n'y a pas d'autre moyen d'assurer à chaque sujet un degré de discussion (>roportionné à son importance. La durée du débat est-elle illimitée, l'impatience de ceux qui
se sentent les plus forts , les porte à prolonger la séance au delà du terme où les facultés de l'esprit humain peuvent s'exercer sans affaiblissement. La conclusion est souvent précipitée, ne fût-ce que par ce sentiment d'inquiétude qui résulte ék la fatigue ou de l'ennui.
Dans les circonstances où les partis sont le plus animés, où chacun d'eux, aspirant à la décision, serait le plus porté à excéder le temps ordinaire , c'est alors que la règle serait particulièrement utile : en interrompant le débat , elle favorise la réflexion , elle diminue Tinfluence de l'éloquence , elle donne au résultat un caractère de modération et de dignité.
V Mais , dit-on , il en résultera des délais. Ceur qui craignent de se trouver dans la minorité prolongeront les débats , dans l'espérance qu^in jour gagné peut leur donner quelque avantage.
Je crois qu'un plan systématique de délai, fondé sur ce moyen , est peu probable. Le parti qui voudrait parler pour consumer le temps, se ferait trop de préjudice à lui-même. Parler pour ne rien dire dans une assemblée dont on entend les murmures d'indignation, devant un public qui vou&juge, c^est un r61e qui demande un degré d'impudence rare ; et cependant il faudrait supposer un grand nombre d'hommes qui entrassent dans cette honteuse conspiration pour la faire réussi».
SI* On dira peut-être encore que c'est ouvrir une porte à l'intrigue, à ce genre d'intrigues qui consiste en sollicitations personnelles auprès des membres, dans l'intervalle des deux séances.
Hais cette objection se réduit à rien. Il n'y a pas plus de Êicilité à solliciter après le premier débat qu'il n'y en avait auparavant. Il y en a même moins ; car ceux qui ont énoncé leurs sentiments craindraient de se rendre suspects par un changement d'opinion si subit.
Cette objection, si elle était solide, irait à conclure que tout doit s'improviser dans les assemblées, qu'on ne doit point savoir d'avance l'objet des délibérations , qu'enfin l'unique moyen de garantir leur intégrité est de les prendre toujours au dépourvu, et de leur couper toute communication au dehors.
Pratique anglaise;
Il y a une heure fixe pour le commencement des séances; il n'y en a point pour les terminer. Aussi les débats qui excitent un grand intérêt sont-iis quelquefois de douze heures, de quinze et même au delà.
Il en résulte bien des inconvénients, mais aucdn danger, du moins par rapport auxpro/ets de loï,