LA PEUR DE L'INNOVATION
privés ou les préjugés de ceux qui gouvernent, loin de s*élonner quelle n*ait pas été proposée plus tôt , il y aurait lieu d*ètre surpris qu'elle osât enfin se produire. Est-il besoin de demander, par exemple , pourquoi la traite des nègres a été soufferte SI longtemps? Ne doit-on pas admirer , au contraire , que, malgré tant d'intérêts opposés, son abolition ait été sollicitée avec une persévérance infatigable et enfin victorieuse ?
S<> Si la mesure proposée est du nombre de celles qui supposent un certain progrès dans les lumières publique^, ou un degré particulier de science, d'application et de talent, cette circonstance suffit pour rendre compte de ce qu'elle se présente si tard. La capacité de l'esprit humain s'étend par toutes ses découvertes, et plus il faut de connaissances ou de génie pour raccomplissement d'un objet , moins il est probable qu'on ait pu l'atteindre dans une époque passée.
Le développement du génie a trouvé plus d'entraves dans la législation qu« dans toutes les autres sciences ; ce serait là un beau sujet à traiter , mais il mènerait trop loin. U faudrait montrer qu'à chaque pas l'esprit humain a eu à lutter , avec des forces inégales, contre le despotisme d'une part, et les préjugés religieux dv Ta i are. Il faudrait montrer surtout que k s hommes de loi ont été , en général , ses plus grcimU ranemi^; leur intérêt particulier les portant s:\n$ ccsîié à s'opposer à l'établissement d'un sysileme chûr ai précis, uniforme et certain , par h mèriït^ raison que les ouvriers s'opposent à l'invention des machines qui abrègent le travail , et rendent la main-d'œuvre moins chère.