‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 464 sur 547 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SOPHISME DU QCIÉTISTE.

Tout est tranqatlU. Point de numurfl.

Dans le cas où on propose une mesure de réforme relative à quelques abus dotit IVxislence n'est pas contestée, le sophisme en ijueâtion (^oui^isii* à la repousser comme n'étant pn» nécesiialri?» Et pourquoi n'est-elle pas nécessaire? CVst qu'il nV-xiste point de plainte à cet égard , point de vœu public , point /le pétition. «< Dans un {jauTernemeni libre ^ « où l'humeur chagrine est un dc^ c^racL^-res de [a u liberté, où l'on se plaint si souvent sans cauE^ef u on se plaindrait, à plus forte rdison, s'il y avait u quelque souffrance réelle. =» L'argument revient donc à ceci : Personne ne se plaint ^ donc personne ne souffre.

Cet argument est plausible, et le serait bien plus s'il était aussi aisé d'obtenir l'attention du gouvernement sur un grief que de s'en plaindre ; si on avait une grande chance de succès en lui faisant connaître le mal ; si le silence de ceux qui souffrent n'était point la résignation du découragement fondée sur l'inutilité éprouvée des réclamations et des plaintes.

Combien de maux ne souffre- 1- on pas en silence , parce que le recours à l'autorité ne pourrait s'obtenir qu'avec des frais, des soins, une perle de temps et des difficultés infinies , au point qu'il est inaccessible à des individus placés dans les claiises inférieures , et même dans les classes moyennes !

Combien, de maux encore ne souffre-t-on pas en silence , parce qu'il faudrait attaquer des hommes accrédités et puissaits, s'exposer à des inimitiés redoutables , risquer d'empirer son état en cherchant à l'améliorer I

Dans un gouvernement où la presse n'est pas libre, où il n'y a point d'assemblée représentative, le prétexte ex silentio n'a pas même une faible

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