‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 465 sur 547 · SOPHISME DE LÀ MARCHE GRADUELLE · texte numérisé non relu

SOPHISME DE LÀ MARCHE GRADUELLE

couleur de vérilé,* quoiqu'il ne soit pas moins familier chez ceux qui gouvernent. Là, le silence de ceux qui souffrent ne prouve souvent que Texcès de Foppression. La plainte ne serait pas simplement inutile ; elle serait séditieuse. H n'y a que le désespoir qui ose se faire entendre. Aussi , à Constantitinople , le plus faible murmure annonce Torage, et la révolte suit de près. Malheur au souverain absolu qui prête Toreille à ce sophisme ! Il doit avoir toujours présente à Tesprit cette maxime qui en est Tantidote :

Le silence du peuple est la leçon des roïn.

Ce sophisme renferme une espèce de veto contre toutes les mesures qui tendent à prévenir Texislence d'un mal. Il établit en poliliqtf^ un principe absolument contraire à celui de la prudence la plus commuifé dans la vie privée. Il interdit de poser des garde-fous sur un pont, avant qite le nombre des accidents ait excité la clameur publique.

Si on veut toujours attendre la plainte pour y remédier, on n'est pas même sûr que le remède soit efiBcace; car on aura laissé fomenter un levain criiumeur t}ui nt* ae dis5i|i(Ta pas aisément, et qui £(* ]iortcra sur irmUrt's olvjetiï. Au lieu de faire un mérite au jfoiivernfmtmt «l'une rtforme volontaire, on fait iVum- réforme Fore^e une victoire pour les mécontents; et la concession ainsi arrachée nongeiiti'ioent perd la grâce du bu-nf.iit,mais elle prend' le caractcrc de la faiblesse^

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