‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 475 sur 547 · Imputation de mauvais motif · texte numérisé non relu

Imputation de mauvais motif

D'un mauvais motif, on veut conclure à un mauvais dessein. Ce n'est donc encore que le sophisme de défiance^ mais extrêmement faible, \^ parce que les motifs se cachent dans les replis du cœur humain , ^ parce que, si la mesure n'est pas mauvaise, le motif de son auteur, fût- il purement personnel, ne fournit aucune raison pour la rejeter.

Direz-vous que les moWf% personnels sont mauvais? Vous direz une absurdité : c'est de leur ioflueuce , c'est de leur ascendant que dépend la conservation de l'espèce humaine , et celle de chaque individu. S'ils cessaient un moment d'agir, tout tomberait dans l'inertie, et bientôt dans le néant.

Mais si la mesure passe, celui qui la propose ou qui la défend y trouvera son avantage personnel, son avantage pécuniaire. Soit. C'est une raison de phis pour l'examiner. Mais , si vous n'avez point d'autre objection contre la mesure, devient- elle mauvaise à raison de ce motif? Doit-elle en être considérée avec moins de faveur? En perd-elle un graÎQ de sa bonté? Tout au contraire, elle n'en vaut que mieux , car de qudi se compose le bien public que de la somme des avantages indivi dii^ls?

C^ sophisme a ceci de particulier, c^st qu'il porte ^ur une base absolument fausse. Il supppse l'existence d^une classe de motifs auxquels on

* H dois renvoyer les lecteurs à ce qui a été dit sur les motif#iilaiit les Traités de législatiort,^^^, Iffî de ce vol.,

peut légitimement appliquer l'épithète de mauvais.

Qu'est-ce qui constitue un motif ? L'attente éventuelle d'un plaisir ou de l'exemption d'une peine : or, comme en soi il n'y a de bon que le plaisir ou l'exemption de la j^einc , il s*ensuit que , philosophiquement parlant, il n'y a point de mauvais motif. Chaque espèce de mnlif' peut produire, selon les circonstances, des aciious bonnes et mauvaises *.

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