CHAPITRE IL
SOPmSMES DB6 AlfTIPENSEURS.
La raison est-elle en opposition avec les intérêts d'une classe d'hommes, ils feront naturellement tous leurs efforts pour attaquer la faculté même de raiscmner, pour la rendre un objet de crainte ou de mépris. Leurs sarcasmes , leurs phrases favorites portent l'ironie sur la pensée même, ct)mme si un penMur était, à ce titre seul , un être impraticable, étranger aux affaires , dangereux à écouter, et préalablement suspect.
1<> À la simple ouverture d'un projet quf ne leur convient pas , le plan d'attaque le pfus facile est de le qualifier de spéctUation, Ce terme heureux , très-
i Nonnunquam tamen quœéam bene contemnuntur, vei tanquam levia, vel (ançuam ad cousam nil periinentia, Sed hœc simulath intérim hue usgue procedit
bien entendu des leurs , emporte que le projet ne mérite pas d'être discuté , qu'on peut ^épargner la peine de le combattre par des objections raisonnées : projet spéculatif , projet inadmissible à l'honneur de l'examen.
Ce mot est souvent remplacé par des synonymes qui , en se multipliant , paraissent iV>rmer un crescendo d'objections. Le projet sera déclaré théorique ^ visionnaire y chimérique ^ romanesque ^ utopien.
S<» Il y a des cas où une distinction est admise, et où l'on cède quelque»chose. Le pian est bon en théorie , dira-t-on , mais il serait mauvais en pratique.
3<> Il y a d'autres cas où l'on va plus loin encore. Le plan est déclaré trop bon pour être praticable. C'est alors sa perfection qui le rend inadmissible.
4'' Enfin l'on est arrivé au point que le mot plan a été sérieusement représenté comme une raison sufiBsante pour rejeter un système de mesures. Les mois per/ectigfinement , excellence y ont été mis en défaveur comme devant éveiller la défiance et le dédain.
Quoiqu'il y ait une liaison intime entre tous ces moyens de déception , il y a cependant entre eux des différences qui les rendent susceptibles d'être réfutés séparément.