DES ROLES DIVERS PAR RAPPORT AUX SOPHISME
Terminons cet ouvrage par quelques observations sur lu caractt re tie crin qui se servent de ces arguments so|ihïSlitjuts* Cherchons à distinguer les cas où il ne faiil accnstr qin' rinlelligence, etceux où on p(^iJi |irt'suiiif:r un dt^'aur de sincérité.
Doe cotn|taramon se présente d'elle-mêine entre les faux arguments vi h hm^v monnaie. Le /abrivaleur^ le diBtnàuieur, Vaccepffmr, voilà les trois rôks^ nircssarres jiour mHlre uti mauvais écu en circulation.
Chacun d'eux peut concourir au même acte sans avoir la même intention et le même degré de connaissance : 1*> Mauvaise /bi y 2*> témérité j S» erreur sans blâme; voilà les divers états où peut se trouver leur esprit par rapport à l'acte.
Le soupçon de mauvaise foi tombera plus naturellement sur le fabricateur que sur le simple distributeur. Qu'il s'agisse, en efFet, d'iHi ^ux écu ou d'un faux argument , on ne peut faire ni l'un ni l'autre sans se donner quelque peine, et on ne prend cette peine qu'avec l'intention d'en liit-r quelque profit. Dans le cas du faux écu, il est certain que le fabricateur sait qu'il est faux : i\i\m le cas du faux argument, la certitude n'est point la même; il y a des esprits fins et subtils qui se prennent dans leurs propres filets et que l'amourpropre rend ensuite aveugles. Cependant la mauvaise foi est plus probable dti côté de celui qui
fabrique le so|>bisme que de la part de ceux qui De font que le recevoir et le répandre.
Plus l'intérêt séducteur est manifeste, plus oo peut présumer la mauvaise foi : mais ce n'est encore qu'une présomption; car |1 est possible que celui qui cède à son influence ne Taperçoive pas. Sans un certain degré d'attention, un homme ne découvre pas mieux ce qui se passe dans son esprit que dans l'esprit des autres. Vous pouvez avoir en main ud livre ouvert et fixer les yeux sur la page, sans rien apercevoir du contenu , si votre attention n'y est pas dirigée.
La présomption de mauvaise fol est au plus haut degré de force lorsque, la question étant clairement posée, l'antagoniste s'obstine à l'éluder. Toute réponse évasive et non pertinente est un silence relatif, et ce silence est équivalent à un aveu. C'est une présomption par laquelle on se guide dans un tribunal de justice, et cette règle peut s'appliquer aux plus hauts départements de la législature.
De toutes les manières d'éluder, la plus décisive pour la mauvaise foi est celle qui consiste à représenter l'argument de son antagoniste sous un point de vue faux , à lui faire dire ce qu'If n'a pas dit, et à feindre de lui répondre en tràvestissaot son opinion.
La mauvaise foi est moins présumable dans les cas où l'intérêt séducteur agit concurremment avec les préjugés établis, les coutumes reçues, et l'autorité des ancêtres. Plus une opinion a de cours, plus il est probable que ceux qui la professent sont sincères; car il n'y a point d'opinion si absurde, qu'on ne fasse aisément adopter, pourvu qu'on persuade qu'elle est généralement admise. Le principe d'imitation opère sur la croyance comme sur la conduite.
Le troisième rôle, celui de l'accepteur, est aussi équivoque que les deux premiers.
L'acceptation peut kfçQ mifict» interne on externe. L'opinion fausse\ll^Ue reçue conune vraie, on peut dire que racceiWfoh est interne. Cet assentimëinl est-il rendu manifeste aux yeux d'autrui par geste ou par discours, l'acceptation devient «iterne. **" **
Ces deux actes vont naturellement ensemble, mais ils peuvent être séparés. SensibljBtflBDrce d*un argument , je puis m« comporter commTR je ne l'avais pas sentie; ^MjRft eu avoir f^u aucune impression , je puis feindre de l'avoir recj^. *
il est clair que TM^atation interne W saurait èire accompagnée d^Muvaise foi : mais Tacceptalian externe peut l'êlr^ et l'est dans tous les cas où elle n^ealfias précédée Jl l'acceptation interne, c'est-à-dire de ki^/7^fyt/09^^n. ■' -.»
MautWsefdf'y ou tét^f'ité, ou faiblesse d'es-