PRÉAMBULE
-u Les représentants du peuple français constitués en assemblée nationale, considérant que Tignorance, Toubli ou le mépris des droits de Vhémme, sont les seules causes des malheurs publics et de la eorruptioiCdes gouvernements, ont résolu d'exposer, tians une déclaration solennelle, les droits naturels , inaliénables et sacrés de l'homme , afin que cette déclaration , constamment présente â tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse 4eurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique , en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, foDdées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution et au bonheur de tous.
«c En conséquence, rassemblée nationale reconnaît et déclare , en présence et sous les auspices de I^tre suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen. » -«
OBSERVATIONS
Le premier défaut de ce préambule est dans le titre. Des législateurs français devaient déclarer les droits des Français , mais les Français ne paraissent ni dans le frontispice de l'ouvrage ni dans l'ouvrage même. Ce qu'on déclare, ce sont les droits de l'homme et du citoyen. Par cUoyenSy nous devons entendre tontes les personnes engagées dans un corps politique ; mais par hommes^ en tant que distingués des citoyens ^ que derons-nous entendre ? Toutes les personnes ([ni ite^ppt pBs encore
membres d'une société politique, ceux qui sont encore dans l'état de nature, ceux qui existent comme ceux qui n'existent pas, ceux en un mot qui, par la supposition même, ne peuvent avoir aucune ^ connaissance de cette déclaration faite pour eux.
On peut distinguer dans ce préambule deux parlies : Voàjet et les motifs.
l'objet y c'est d'exposer les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme; c'est-à-dire des droits fondés sur la nature de l'homme , par conséquent essentiels à l'homme, sans lesquels il ne saurait exister sans cesser d'être ce qu'il est ; des droits qu'il ne peut aliéner â aucun prix , pas même pour sauver sa vie ; des droits dont on ne peut le priver sans commettre celte espèce de crime qu'on appelle violation des choses sacrées, ou sacrilège.
Mais que deviendra cette assertion quand nous aurons prouvé, par un examen détaillé, que ces droits naturels y inaliénables et sacrés ^ n'ont jamais eu d'existence ; que ces droits , qui doivent servir à diriger le pouvoir exécutif et législatif, ne tendraient qu'à les égarer; qu'ils sont incompatibles avec le maintien d'une constitution , et que les citoyens , en les réclamant , ne réclameraient que l'anarchie?
Ces principes, dit le préambule , sont simples et incontmtables : voilà donc des dogmes positifs , des articles de foi polilÂgue , des articles consacrés , qu'il faut recevoir avec soumission , qu'il n'est plus parmis d'examiner.
Philosophie! voilà ton premier pas. Abjurer l'emploi de la raison! créer un symbole! établir