‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 67 sur 547 · Liberté de pèche dans les grandes eaux · texte numérisé non relu

Liberté de pèche dans les grandes eaux

Les grands lacs , les grandes rivières, les grandes baies, et surtout l'Océan , ne sont pas occupés par des propriétés exclusives. On les considère comme n'appartenant à personne , ou , pour mieux dire , comme appartenant à tous.

Il n'y a pas de raison pour limiter h pèche de l'Océan. La multiplication de la plupart des espèces de poissons parait inépuisable. La prodigalité, la magnificence de la nature à cet égard, surpasse

TITRES QUI CONSTITUENT LA PROPRIÉTÉ

Mut ce que Fou peut concevoir. L'infatigable Leuwenhoeck avait estimé le nombre des œufs d'une seule morue au delà de dix millions. Ce que nous pouvons prendre et consommer, dans cet immense magasin d'aliments, n'est absolument rien, comparé à la destruction qui s'opère par des causes physiques que nous ne saurions ni prévenir ni affaiblir. L'homme en pleine mer, avec ses nacelles et ses 9 filets , n'est que le faible rival des grands dominateurs de l'Océan. Il ne fait pas plus de ravages parmi les petites espèces que les baleines. Quant aux poissons des rivières, des lacs, des petits golfes, les lois prennent pour leur conservation des précautions efficaces et nécessaires.

Où il n'y a point de raison de jalousie , point de crainte de voir diminuer le fonds de la richesse par le nombre des concurrents ; il faut laisser à chacun le droit de premier occupant, et encourager toute espèce de travail qui tend à augmenter l'abondance générale.

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