‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 95 sur 547 · A QUELLES CONDITIONS · texte numérisé non relu

A QUELLES CONDITIONS

Il ne s'agit ici que de chercher les conditions matrimoniales qui, sous le principe de l'utilité, conviennent le mieux au grand nombre ; car il doit être permis aux intéressés de faire dans les contrats des stipulations particulières ; en d'autres termes , les conditions doivent être laissées à leur volonté, sauf les exceptions ordinaires.

Première condition. « La femme sera soumise ic aux lois de l'homme, sauf recours à la justice. » Maître de la femme pour ce qui regarde ses intérêts à lui, il sera tuteur de la femme pour ce qui regarde ses intérêts à elle. Entre deux personnes qui passent leur vie ensemble , les volontés peuvent à tout moment se contredire. Le bien de la paix veut qu'on établisse une prééminence qui prévienne ou termine les contestations. Mais pourquoi est-ce à Itioiome à gouverner? Parce qu'il est le plus fort. Alins ses mains le pouvoir se maintient de lui-même. Donnez l'autorité à la femme, chaque moment verrait éclater des révoltes de la part de l'époux. Cette raison n'est pas la seule ; il est probable que l'homme , par son genre de vîe, acquiert plus d'expérience, plus d'aptitude aux affaires, plus de suite dans l'esprit. A ces deux égards il y a des exceptions, mais il s'agit de faire une loi générale.

J'ai dit, sauf recours à la Justice ^ car il ne s'agit pas de faire de l'homme un*lyran , et de réduire à l'étal passif de l'esclavage le «exe qai par sa faiblesse et sa douceur a le plus besoin de la protection des lois. Les intérêts des femmes n'ont été que trop sacrifiés. A Rome, les lois du mariage n'étaient que le code de la force et le partage du lion. — Mais ceux qui, par quelque notion vague de justice et de générosité, veulent donner aux femmes une égalité absolue, ne font que leur tendre un

DU MARIAGE

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piégée dangereux. Les dispenser, autant qu'on le pourrait par lesJois, de la nécessité de plaire à leurs époux, ce serait, dans le sens moral, affaiblir leur empire au lieu de Faugmenter. L'homme , assnré de sa prérogative, n'a pas les inquiétudes de l'amourpropre, et en jouit même en la cédant. Substituez à celte relation une rivalité de pouvoirs, l'orgueil du plus fort , continuellement blessé , en ferait un anlagoniste dangereux pour le plus faible ; et regardanl plus à ce qu'on lui ùle qu'à ce qu'on lui laisse, il tournerait tous ses efforts vers le rétablissement de sa prééminence.

Seconde condition, « L'administration sera à « Thomme seul. » C'est une conséquence naturelle et immédiate de son empire. D'ailleurs , c'est onlinaireraent par son travail que le bien s'acquiert.

Troisième condition, « Le droit de jouissance * sera commun à tous les deux. » Cette clause est admise : l»pour le bien de l'égalité; 2° pour donner aux deux parties le même degré d'intérêt à la prospérité domestique : mais ce droit est nécessairement modifié parla loi fondamentale qui soumet la femme à la puissance du mari.

La diversité des conditions et de la nature des biens exigera beaucoup de détails de la part du législateur. Ce n'est pas ici le lieu de les donner.

Çtiairième condition. « La femme observera la « fidélité conjugale, w (Je n'exposerai pas ici les raisons qui doivent faire ranger l'adultère parmi les àéîiU; elles seront traitées et développées dans le f ode pénal.)

Cinquième condition. •( L'homme observera de « ttiéme la fidélité iconjugale. » ( Les motifs pour ériger l'adultère de l'époux en ïlélit, ont beaucoup rooin^e pords; mais 11 y a encore des raisons awez i^tes pour établir celte condition légale. Elles seront de même exposées dans le code pénal.)

SECTION IV

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