‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 130 sur 468 · DES RÉCOMPENSES POUR DÉLATION , OFFERTES AUX COH- PLICES · texte numérisé non relu

DES RÉCOMPENSES POUR DÉLATION , OFFERTES AUX COH- PLICES

Quant aux récompenses ou au pardon offerts â un criminel pour dénoncer ses complices, voici, ce me semble, ce qu'il en faut penser. Avez-vons quelque autre moyen de connaître les délinquants, celui-ci est mauvais, car l'impunité qu'il renferme est un mal. N'avez-vous aucun autre moyen, celuici est bon , car l'impunité d'un seul est un moindre mal que Timpunfté de plusieurs.

Mais il faut bien se garder , relativement à des crimes graves, de fixer de telles récompenses par une loi générale. Une loi générale serait une invitation à toutes sortes de délits. C'est comme si le législateur disait: «Entre plusieurs criminels, le plus méchant sera non-seulement impuni, mais récompensé. » Un scélérat projetée un crime; il engage des complices , avec le dessein formel de les trahir; il obtient tous les profits du délit, et il y ajoute le prix de la délation. Combien de fois cela ne s'est-il pas vu en Angleterre * !

Mais que la récompense, au lieu d'être le résultat d'une 1<^ générale , soit laissée â la discrétion Ju juge , et offerte selon le besoin , cet inconvgoient

les lumières quMl pourrai! tirer des* coupables , et que, daos bieo'Vle^ cas, eux seuls peuvent fournir. Ce moyen de conviction n'existant pas , i( faut bien «voir recours i la dénonciation des comiflices, par conséquent, aux récompenses.

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