‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 139 sur 468 · SECONDE SECTION · texte numérisé non relu

SECONDE SECTION

Autres applications de la première règte.

L'union entre le devoir et l'intérêt sera encore plus intime si le salaire est payé de manière h se proportionner non-seulement à l'assiduité, mais encore à la bonté du service.

S*agit-il d'une maison de force, d'un hôpital de malades , d'une maison d'orphelins : au lieu de donner aux inspecteurs un salaire fixe , toujours le mène , quelle que soit la différence de leurs soins et le degré de leur attention , il sera bon de le faire dépendre en partie de la manière dont ils remplissent leurs devoirs, en jugeant de leurs efforts par leurs succès. Calculez la proportion moyenne de ceux qui meurent, par an, dans l'établissement eo question.

— Cent , par exemple : donnez à l'insi^ecteur une somme pour chacun d'eux, — dix livres sterling;

— mais à condition que , pour chaque mort, il vous rendra une somme pareille, il est clair qu'ayant un profit net sur toutes les vies qu'il conserve, vous n'avez presque pas besoin d'autre précaution croire les mauvais traitements, la négligence et les abus de pouvoir qui peuvent tendre à abréger TexisteDce ^.

Dans fe service naval , les lois d'An^eiterretccordent tant pour chaque vaisseau p^s ^u» détruit; tant pour chaque homme capturé. Pourquoi le même encouragement ne s'étendraiISJM pas âj'autre branche du service militaire, aprec les modifications que la nature de la chose demande ?

S'agit -il de prolonger la défense d'une place assiégée, faites monter graduellélkient la paye do gouverneur, et surtout celle des soldats , à proportion du temps qu'ils la défendent.

Ce qu'on vient de, proposer pour les prison- La proposition était si belle , qu*elle ne fut point accepta- On craignit qu'il ne pût la remplir. Tout «bus qu*oo veoi réformer est le patrimoine de ceux qui ont plus de crédit que les réformateurs. ~ Quest, em^cL , art. CMarite. '

RÈGLES SUR LES SALi^RES ET AUTRï^ I^MOLUMENTS D'OFFICES. 477

nî^ el tes enfenls trouvés pourrait-il s'ap|iliquer auj^orps jniliiaires en garnisoi>ou en campagne ?

Le géeéral ou le colonel ont un si grand iniérèt à la conservalioD de ces machioes vivantes, inslruinents de leurs succès; ils doivent si bien sentir qu'un soldat, ^nt qull est malade, est moins bon que nen ; que les recnies peuvent manquer, et qu'elles sont longtemps inférieures à des vétérans: ces motifs sont si palpables , qu'il semble inutile de les appuyer par une récompense pécuniaire. Sfais quaml il s'agit d'un objet si essentiel , il ne faut rien négliger. Le général , employé comme assureur des vies de ses suboi^donnés , deviendrait l'émule d'Hippocrate pour la science , et de Boward pour la philanthropie. Quelle attention pour ses campements ! quelle vigilanae sur les fournisseurs ! quel soin pour les hôpitaux ! Comme il perfectionoerait cette discipline contre les vices d'une armée , non moins destructifs quelquefois que le fer de l'oinemi ^.

Pourquoi n'élablirait-on pas le même usage dans un vaisseau de guerre , où les négligences sont si danj;ereuses , où les règles générales sont si faciles a o^rver? L'amiral, le capitaine, auraient un intérêt immédiat dans la conservation de chaque ma* telot. L'exemple admirable du capitaine Cook, qui fit le tour du globe , et parcourut tant de climats opposés , iant de mers nouvelles , sans perdre un seul homme , ne serait plus infructueux. On n'aurait pas à craindre que ses instructions sur la diète, le reDouvellement de l'air et la propreté , fussent négligées, li est vrai que l»marine anglaise est bien perfectionnée â cet égard ; mais qui peut savoir jusqu'où Ton irait, en joignant à tous les motifs actuels le ressort constant d*un intérêt qui ne nuit à aucune ?«rtu, et qui les supplée quand elles manquent.

Je vois bien des difficultés de détail dans Tapplication du principe. Seraient-elles insurmontables? Ctsi aux gens du métier à répondre.

Dans le traité que fit le landgrave de HesseCassel, r^tif aux troupes qu'il mettait aux gages de l^'Anglét«rre pour servir en Amérique, il avait stipulé que, pour chaque homme non rendu à sa patri<^ il lui î^èrai^ payé trente livres sterling. J'ignore si celte stipulation était d'usage. Qu'elle le fÙt ou non, rien de mieux imaginé, soit pour l'intérêt fiscal-du souverain prêteur, soit pour l'intérêt periftiniel des rhdivtdus prêtés. Les déclamateurs , qui trouf>èrent cette cjause horrible, comme si elle eût'donné>au prmçe un intérêt parricide à la mort de ses sujAs, se livraiétat sans e\am'en.à l'esyrît de parff ; ca^, si quefque chose pouvait contre-balancer

> On s« borne à^n simple a{)erçu : les détails mèoeratenl trop Ipin^ Le géoéral peut être asaitreur pour ceux qui meiireiit ée malatlie, non pour ceux qitf sont lues.

les mauvafs effets du contrat , c'était cette condition pécuniaire. Elle donnait à ces étrangers une espèce de sauvegarde contre la négligence ou l'indifférence des emprunteurs, qui auraient pu les exposer plus volontiers que leurs propres sujets : le prix attaché à leur perte était comme une caution du soin qu'on prendrait de les conserver.

J*ai oui dire qu'il y a des pays où les émoluments du colonel croissent à proportion du nombre des non effectifs, c'est-à-dire qu'il reçoit toujours la même paye, quoiqu'il ait moins d'hommes à payer. Si cela est, cet arrangement est précisément le contre-pied de celui que je viens de recommander. Le nombre des non effectifs grossissant par la mort, le colonel gagne en argent ce qu'il perd en hommes. Chaque denier qu'on lui laisse acquérir de cette manière est une récompense offerte , sinon pour le meurtre, au moins pour la négligence.

(Note.) Ces vues de H. Bentham sont susceptibles d'une grande diversité d'applications. Je me persuadai que j'en avais découvert une très-praticable dans le temps où M. Wbilebread avs" bill pour l'établissement des écoles loppai dans une lettre à sir Samui voici l'extrait. On verra que touty ei principes exposés dans ce chapitre.

«c M. Whitebread a bien senti la \ surveillance sur les maîtres, — et il confier aux recteurs et aux juges d< n'est pas difficile de prévoir que ceti onéreuse serait très -peu efficace. Oi de bon , à moins qu'on ne parvienne ù\i maître avec son devoir d'une n nente, et qui s'applique à tous les de moyen pour cela , c'est de faire dépei «pense de ses succès, de ne point do fixe, de lui allouer une somme pour mais seulement quand il saura lire, un mot comme on paye un manui l'ouvrage fait.

. « Avec un salaire fixe, 1q maître n'a plus qu'un intérêt très-faible aux pregi>ès des élèves. S"il fait assez bien pour n'être pas renvoyé , c'est tout ce qu'il lui faut.

u S'il n il a un in ment. Il ses prop d'inspecti l'émqlatii dispose à rience de

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