‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 143 sur 468 · TR01SIÊ|I& RÈGLE PO^R LES SALAIRES · texte numérisé non relu

TR01SIÊ|I& RÈGLE PO^R LES SALAIRES

prêtre? quel est son vériUble emploi ? Il est le précepteur du peuple ; ses fondions sont légales et morales. Pour les fonctions que la loi lui ordonne, la richesse est inutile , puisque la dépense du culte n'est pas à la charge des ministres des autels. Pour les fonctions njorales , comme d'exhorter en particulier, de visiter les malades, de consoler les affligés, de guider, d'instruire, de surveiller, la richesse est pernicieuse ; elle les rapproche de ce qu'on appelle les gens du monde , et les jette au milieu de la dissipation et des plaisirs. Là , ils se gardent bien de faire souvenir qu'ils sont prêtres, parce qu'ils sentent qu'on n'a pas besoin d'eux , et qu'ils sont avec leurs égaux ou leurs supérieurs en lumières. Mais tout ce qui les entraine dans cette sphère brillante les éloigne des humbles demeures de la pauvreté : ils ne peuvent être ni les confidents ni les conseillers de la classe indigente de leurs paroissiens; la distance dans les fortunes en produit une semblable dans les sentiments et les affections. Ainsi l'effet naturel d'un grand revenu sera de les séparer de ceux auxquels seuls ils pourraient être utiles. On me citera un Fénélon et quelques autres ; mais j'allais les citer aussi , pour établir la preuve de ce • que j'avance, par une exception aussi extraordinaire.

L'^expérience vient à l'appui de cette considération. Les plus forts bénéfices, en Ecosse, n'excèdent guère deux cents livres sterling, et la plupart sont au-dessous. Comparez rinfluence du clergé dans les deux parties du royaume. En Ecosse , elle est tout ce qu'elle doH être ; en Angleterre , elle est presque nulle. En Ecosse, l'ambition du curé se borne à bien gouverner sa paroisse , et il la gouverne en effet. Il connaît tous les individu», étudie tous les caractères , s'intéresse à tous les besoins : il est près du riche par son éducation , et du pauvre igleterre , les riches ecclésiass riches mondains ; ceux qui courtisans nés de quiconque néfice. C'est la pauvreté même société des pauvres. Ils débure par une complaisance dopii arrivent aux plus hauts souvent par une complaisance ngage de la satire , dira-t-on peut-être ; non , c'est celui de la vérité : la satire accuse les personnes, la raison n'accuse que les lois. Tout autre homme à leur place en ferait autant : au lieu de leê blâmer, il faut les absoudre et les plaindre.

Je ne parle pas de l'argumeni que Hurne'a fait valoir en faveur Jes richesses du cîergé*: c'était, selon lui , un moyen d'assoupir toutes les malfaisantes passions des Églises dominanties, le prosé-

lytisme , le fanatisme^ l'esprit de controverse. Hume attaquait ainsi l'institutien elle-même. J'ai, au contraire , examiné le moyen de la porter au plus haut degré d'utilité possible.

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