NOTIONS PRÉLIMINAIRES
«qu'elles sortent de h» source, les YfTse, les reporope et lés fait circuler sans cesse. 11 n'y a point dans tout cela de dépouillement. La richesse des uns est si peu fondée sur l'appauvrissement des autres , 4]u*au contraire un capital formé forme bientôt d*autres capitaux , et que le niveau de toutes les cdÉdilions s'élève en même t^mps.
Cet autre argument contre la <rivHisalion , tiré de lafforce et du nombre de ces essaims de barbares (jiii ^rtaient du Nord, est devenu , par un examen plus judicieux , une preuve directe en sa faveur. Pourquoi tïes barbares n'avaient ils point de patrie? Dépourvus de tout ce qui attache l'homme au sol qui l'a vu naître, ils ne savaient qu'envier ce qu'ils n'avaient pas su créer , et détruire au lieu d'imiter. Ces nombres fnnombrables qu'on avait gratuitement supposés se sont évanouis, quand on a considéré que des hordes errantes dan« des pays couverts de forêts n'avaient pas pu se multiplier au ddâ de leurs étroits moyens de subsistance. Depuis que la civilisation a pénétré dans ces contrées, depuis qu'elle a multiplié les moyens de jouir, et, en particulier, de combattre les désavantages du climat par les ressources de l'art , les peuples, plus heureux et plus nombreux , ont pris des habitudes qui les attachent à la propriété du sol. La disette ne les force plus à se jeter, comme des vautours, sur les nations opulentes ; rassurés sur le premier des besoins, leurs mœurs se sont adoucies ; L'industrie a remplacé le pillage, et ils se sont incorporés à la grande famille , dont ils étaient les fléaux.
Qu'on n'impute pas cepeadant aux admirateurs de l'ordre social une coupable insensibilité sur les maux qu'on n'a pasenoore su prévenir. Si le bien s'opère par des causes naturelles et constantes , s'il remporte de beaucoup sur le mal , s'il a une tendance à s'augmenter, leur admiration est justifiée. Le bien est nécessaire, le mal esl accidentel. Le bien est dans Tordre de la nature , le mal est dans l'il^orance des hommes. Le bien se multiplie par lui-même, et chaque succès en produit de nouveau ; le mal poi^ avec lui son avertissement et sa peine; il est son propre antidote. Ces considérations, loin d'attiédir le zèle en faveur de la partie souffrante de la société , ne laissent point d'excuse a ceux qui se rebuteraient de la servir; c^ on pourrait sans crime détourner son imagination du spectacle affligeant de maux incurables , mais ceux auxquels on peut remédier rendent coupables tous les complices de leur durée : Omnisque non solum cessatîo ignavia est , sed etiam quœrendi defaifgatio existimari débet iurpi^ttnmy ubi idquod quœritur est pulchcrrimum *. (Éd.)
* Scaligcr.