‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 168 sur 468 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

passions Tîenneot sans cesse semer dans ce champ des ronces^et despiânles vénéneuses qu'il faut sans cesse extirper. Ce pietit extrait place sous un nouveau jour les plus grands principes de l'ordre social , la,siftreté , la liberté dans l'exercice de l'industrie , l'énergie des motifs attrayants et rémunératoire»*^ul font travailler l'homme libre, la faiblesse comparative des motifs de contrainte qui font moHvoir tristeiHenl les bras de l'esclave. On y donne de nouveaux arguAents pour combattre les jalousies nationales , l'ambilion des étabKssements ldfhtains,et d^autres préjugés non moms flinesles. £n résultat, l'économie politique est iine science plutôt qu'un art. Il y a beaucoup à apprendre et peu à faire.

Que f^ut-il i^ire de la part du gouvernement pour ai^Viltre la richesse? Très-peu de chose, et plutôt rieir que beaucoup. Qu« faut-il faire pour la population? |tjen. Dans la plupart des États, quel serait le neiUeur moyen de favoriser l'augmentation de la richesse et de la population? Ce serait d'abolir les lois et les règlements par lesquels on prétend les augmenter : bien entendu que cette aboStîon serait graduelle et ménagée.

Voilà donc {^rt réduit à peu de chose. SAreté^ liberté f c'est tout ce qu*îl faut à l'industrie. La requête de l'agriculture, du commerce et des ma-

I nufactures aq^ijgouvernement, est aussi modeste , aussi raisonnable, que celle de Diogène à Alexandre: Ote-toi de mon soleil. « l^îous n'avons pas besoin JÊ/Êt faveur , il ne nous faut qu'une carrière libre « et sûre. »

A propos de cet écrit, je ne saurais passer sous silence une observation favorable à ceux des philosophes qui se sont particulièrement occupés d'économie politique. Ils n'ont point eu de part à ces paradoxes atrabilaires et haipeuH contre l'inégalité des rangs , contre les progrès de la richesse et de lacivyisation, contre les jouiisaDces du luxe et des ms ; et ce sont eux, au contraire, qui ont fourni les aryiiments les plus solides pour réfuter ces opinions fubversîves , ponr justifier l'ocre social. Ils réponAht à des déclamations par des rayons, à

' «kt'iableaux d'imagination par des faits, à clés con- ^^ures par des calculs. Ils font voir que , dans la sofiété, il y a beaucoup plus d'intérêts communs que d'intérêts opposés ; que Tignorance seule divise leit ii^mmes; que phis Hs s'éclairent, plus ils se rapproiehent , et qu*ity a un progrès aenaible de l'espèce humaine vers le bien, quoique e«tle marche soit irrégulière, et même sujette à des mouvements rétrogrades.

^PuiUe réponse victorieuse à tant de plaintes sur la Wsère dïes classèi indigentes parmi nous, que Ifi tableau réel de l'indigetice universelle des socié-

tés primitives! ba pauvreté n'estpasune conséquence de l'ordre social. Pourquoi lui en faire un reproche? C'est un reste de l'état naturel. JLa richesse est une création de l'homme ;- la pauvreté est la condition de la nature. La division des propriétés , celle des travaux, l'invention des machines, î'applicaléyn des ^én^^nts à Tindustrie , ont cenlùplé les forces de l^e$pèce bomaine, et ont tellement augmenté le fonds de l'abondance , que la faminft , ce malheur presque habituel des peuplades '09* vages, est inconnue chez les nations passablement bien gouverné^ ; elles ont même assez dte superflu pour entretenir des classes nombreuses qui consomment sans reproduire. A celte sécurité sur les subsistances , premier bienfait de Tondre social , ajoutez ces plaisirs de l'acquisition graduelle, cotte association si douce de l'industrie avec Pespérance, cet intérêt croissant de la vie lorsqu'on s!(^ance vers l'objet de ses désiirs , ce charme de la propriété, l'aiguillon de la jeunesse et l'oreiller d'un âge avancé. Ce système' de l'industrie est en mène temps la base du système moral , des besoins réciproques, des liens de famille, des vertus publiques et privées.

L'objection la plus forte en appvence s'est heureusement trouvée la plus fatisse. On a prétendu que les hommes, ne pouvant s'enrichir qu'en se dépouillant tour à tour^ étaient nécessairement ennemis, et vivaient comme des athlètes par leur destruction réciproque. On a confondu l'industila aveo un jeu de hasard, où le gain des uns est toujours fondé sur la perle des autres. Mais , au contraire , dans l'entreprise sociale, tous les coopérateurs peuvent trouver leur acintage, parce que, toutes choses d'ailleurs égales, plu» il y a de travail, plus il y a de produit. Le fonds de la richesse, si le gouvernement n'est pas très-mauvais ,^va toujours croissant; en sorte que le nombre des heureux, parmi les candidats de la f^tune, augmente toujours et qu'il n'y en a point de nécessairement malheureux. '

L'idée de ne voir dano ceux (pi s'enrfcHissent que des spoliateurs plus adroits ou plus hardis que les autres est aussi juste que celle d'un misanthrope qui regarderait le greffe criminel de la jusliee comme le registrMles actions habituelles des citoyens. Mais , sans réfuter ici en détail des exagérations si absurdes, indiquons seulement une preuve ée Fait claire et palpable. Que Ton considère l'Amérique septentrionale : on peut y voir en même temps la société dans presque tous ses èi^^', on peut y suiive de l'œil la formation de la richesse dans les sillons 'de ragricullure , et sa distribution dans les canaux de l'industrie ; l'industrie, comme une machine hydraulique , élève les eaux à mesure

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