‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 173 sur 468 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

PBÉT DE CAPITAL.

De tous les moyens paf lesqueb un sourerain peut donner une direction particulière à Findustrie, te prêt d'un capital pécuniaire fait à des indiudus pour être employé dans quelque branche spéciale , est le moins sujet à objection.

n sVn fout bien toutefois qu*il soit Irréprochable 80«s le rapport de la justice et de la prudence. Toat le trésor du souitrain , d'où provient-il que des impôts , et des impôts levés par contrainte ^ ? Pntedre aft uns pour prêter aux autres , diminuer les jouissances actuelles des sujets , ou la portion qu'ils auraient mise en réserve, c'est faire un mal certain pour un bien incertain, c'est sacrifier ta sûreté à l'espoir d'accroître l'opulence.

Si l'argent prêté de cette manière par le souverain était toujours fidèlement remboursé, le mal de la mesure serait borné à un certain période. Mettons que le capital ainsi employé soit cent mille livres sterling, et qve la somme entière ait été levée dans une année, l'injustice de la mesure aurait commencé et fini dans la mêmt année. ^ £t si l'argent ainsi prêté produit un surcroît d'industrie, c'est un avantage à mettre en balance contre le mal de l'impôt sacré.

ITais les digitaux dont on fait cet emploi ont une tendance naturelle à être mal appliqués , dilapidés ou volés. Les souverains et leurs ministres sont aussi sujets à se trom^ sur les avantages de tel ou tel commerce i|ue sur le«hoi»âe tel ou tel individu. Celvi qi4 réussit auprès d'euK prouve bien qu'il possède le talent de la persuasion ou le manège des cours, mais cA'est pasce talent qui mène au succès de la chose. Frédéric II , av^ toute sa vigilance et sa sévérité , fut souvent trompé par l'impéritie ou la mauvaise foi des intrigants qui obtenaient de son q|pe crédulité des a3[«nces de cette nature *. Ainsi , '^uWi^ d'un premier impôt iiy;i»^ur former SJ^Eil prêté^'autres iQtpôts mP» nécessaires •^I^P6nplace]%s vols ou les dlipîdâlions qui en «ont le fésultatie plus fréquent.

IXjoutfK icela la grande probabilité que le capital ainsi prêté ncpsera apjHiquétpi'à des branches d'industrie moins productives que celle%auxque1les il se serait porté naturellement de lui-même. Quel est l'argument de l'emjD^untéur? Que le commerce qu'il

* A moinAiie ioit de te^Prop

QQtle revtna du souverain p6 toit le prodoit de te^kpiiétés territorialeâ ou Pinllrét d'oo capilal formé d*ane renie de ceHe espèce. Tel est en partie

veut établir est nouveau , ou qu*il faut soutenir un commerce établi : mais pourquoi faut-il que le gouvernement s'en mêle , sinon parcmue les individus qui calculent leurs intérêts ne veulem pas s'en mêler? La présomption est donc contre l'entreprise.

Mais «et argent prêté aura pris la direction la plus avantageuse possible; soit! c'est une affaire de hasard , et le prêt n'est pas JtÈtstifié; il n'était pas nécessaire. Pour placer ses eapitaux de la manière la plus avantageuse , il ne faut que connaître ce plaeement. Si on les place moins bien , cVst qu'on ne sait pas les placer mieux. C'est la connaissance qui manque : il faut informer et non prêter. Si le gouvem«cient ne peat pas dire quelle est la manière la phis avantageuse de placer un capital , il peut encore moins le placer lui-même; s'il peut* le dire, c'est tout ce qu'il faut. Quand l'argent du gouvernement n'aurait pas pris cette direction , celui des particuliers l'aurait prise, si on les eût éclairés et laissés libres.

Il ^ toutefois des circoi!litances où un prêt serait justifiable ; lorsqu'il s'agirait , non d'encourtiger des entreprises nouvelles, mils de secQurh* quelque ctamerce qui souffre , et qui n'a besoin que d'être soutenu un moment pour traverser une crise de suspension ou def éril. Ce n'est pas une spéculation ^e la part du gouvernement ; il agit sur le principe de Vassurance contre une calamUé quMl s'agit de prévenir ou d'adoucir. Dtos ce cas de détresse , les particuliers ne viendraient pas d'eux-mêmes à l'appui des négociants dont les aflfôires périclitent : il faut donc qu'on y supplée. Ce n'est pas un régime, c'est IIP remède.

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