‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 172 sur 468 · Que Tindustrie est limitée par le capital · texte numérisé non relu

Que Tindustrie est limitée par le capital

II n'y a point de travail industriel de quelque importance sans capital, — et il s*ensuil que h quantité de travail appliaabte à un oli^et , quel qu'il soit , est. limitée par la quantité de capital qu'on peut y employer.

Si j*ai un capital de dix mille livres sterling, et qu'on me propose deux commerces qui me rapporteront vingt pour cent , il est clair que je puis faire l'un ou l'autre avec ce profit aussi longtemps que Je me borne à un seul , mais qu'en faisant l'un , il n'est pas en mon pouvoir de faire Vautre , et que si je le partage entre les deux je ne ferai pas pkis de vingt pour cent, mais je risque de faire moins , et même de chan proposition est 1 vraie pour tous L'in4ustfie est û{

Cette propositi clarté et, pour dispenser de toul de si commun qii

merce et d'mduslrie comme si le contraire de cette proposition était vrai, comme si les entreprises n'avaient rien à démêler avec les capitaux : ceci s'appliqua aux gouvernements plutôt qu'aux individus. On ne cesse de recommander de nouveaux établissements, de nouvelles entreprises : on dirait ((ue l'on peut s'étendre sans limites. On rccom-

EMPLOI LE PLUS AVANTAOEUX m^ CèPITAUX.

mande d'encourager telle ou lelle branche de commerce , non comme, plus lucrative que t^le autre , mais parce qu*on ne saurait trop en avoir. En un mot, c'est le commerce en général qu'il faut favonser, — comme si tout commerce ne portait pas sa propre récompense, comme si tin commerce improfllal^e valait la peine d'être encouragé, comme si un commerce profitable avait be^in de l'être, — comme si, enfin, par ces èpérationji capricieuses , on Faisait autre chose qtie transi^érer les capitaux d'une branche de coôimerce dans une autre . branche.

2. Que let individds intéretsés sont les meilleurs juges de rvDploi le piQs avantageux des capitaux.

T^a quantité de capital étant donnée , l'accroissement de la richesse, dans un certain période , sera en proportion du bon emploi de ee capital.

ha direction avantageuse du capital dépend de deux choses : 1» le choix de l'entreprise ; — 2» le choix des moyeris pouc la enduire.

La chance du meilleur choix , à ces deux égards, '* duite par un commerce i^ouvellement favorisé «st

sera an proportion du degré d'intérêt qu'aura l'entrepreneur a le bien faire, et en proportion des moyens qu'il aura eus d'acquérir les connaissances relatives à'^son entreprise.

Jfais l'instnictioB elle-même dépend en grande partie cffa degré d'intérêt à s'instruire ; celui qui a le plus grand intérêt est celui qyl recherclî^ avec le plus d'attention et d'application tous les inojrens de réussir.

L'intérêt qu'un homme prend dans les afi^aires d'un autre n'est jamais aussi grand que l'intérêt de chacun dans ses propres affaires.

*Consid^ez tout ce qu'il faut pour le meillaur choix de l'eiKreprise ou des moyens d'y procéder, TOUS verrez lynstamment que l'homme d'État , si diaposé àa'immiscer dans les détails de l'industrie et du commerce , n'est supérieur en rie» aux individus qu'il veut gouverner , et ||fir e^t n«essaîrement inférieur à plusieurs égards.

Un premier ministre n'a pasL/u ' autant 1l*occasions pour acquérir des connaissances rehtif|s au fermage qu'un fermier ; à la distillerie quj|tn distillateur; à* la construction des vaisseaux, qu'un constructeur de marine; à la veTite des produits, que ceux qui s'en sont occupés toute leur vie.

11 n'est pas probable qu'il aif donné son atientiçn à ces objets aussi longtemps, til avec le même degré d'énergie, que ceux qui avaient un motif si pressant de les approfondir. Il .est donc .probable qu'en fait de connaissances relatives é cps professions, il est inférieur à eeux qui les cul- Uyent.

Les hommes d'État , avecinnoins d'occasi oM4 e s'instruire , moins d'attention à la chose , moins de connaissances pratiques, ne sont donc pas ea état de former un meilleur j'uffemefU que les intéressés eux-mêmes, ni pour le choix de l'entreprise , ni pour les moyens i'y procéder.

^c si , par hasard , un administrateur se troarait informé de quelque circonsUnce qui démontrit l'aiNintage supérieur de telle orancl^e d'iijittstrie ou de tel propédé , ce ne serait pas une raÎM^nstificative d'employer l'autorité pour les fairemspter. La publicité seule produirait cet effet : plus l'avantage est réel , plus l'exercice du poufoir serait superflu.

Pour justifier l'Intervention réglementaire du gouvernement dans les affaires du commerce , il faut soutenir l'une ou l'autre de ces deux thèses , — que Tagaot du public entend mieux les inlérèls des individus que les individus eux-mêmes, — et que la quantité du capital en chaque nation étant infinie, ou que les nouvelles branches d'Industrie n'exigeant aucun capit^ toute la richesse pto-

autant de gain clair et net par ddâ ce qui aurait i lieu si on n'eût pas accordé des foveurs à ce commerce.

Ces deux thèses étant contraires à fa vérité, il s'ensuit que l'interposition des gouvernements est tout erronée ; qu'elle opère plutôt comme obstacle que comme moyen.

Elle est nuisible d'une autre manière (a). Bo imposant des gênas à l'action des individus, elle leur fait éfN*ouver un sentiment de vexation : autant de liberté perdue , autant d'atteinte au bonheur.

Ce n'est pas là, sans doute, une objection concluante contre ces lois, puisqu'on pourrait la l^iire contre Jes meilleures lois. Toutes sont coercitives, et. c'est là une rS'ison pour n'en faire aucune, à moins d'une utilité qui fasse plus que contre-balancer cet inconvénient. *

"Telle mesure qui sej^t injustifable eomiM»

mftfsn d^augmenter la richesse nationale , peut être convenable comme moyen d§ ^ubsism^ (par exemple , des frais d'entrell^mir^es foSftsins de blé) çu comme moyeoflK^/ènai^ (par exemple, des encouragements oqRs flif genre de commerce considéré comme Ane |Kpinière de matelots); mais il est essentiel d^^jOi'* rapporter ce qu'on fait à son véritable but , dPpe pas^pitnlPfc un^crfftce pour un aluitage^ une perte pouriyi profit. Des encouragements de oet^ ^aCire n'en restent pas moins dan^ la classe des choses ft^on ne doit pas faire ^ hors des circonstances impérieuses qui font exception au principe général {h).

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