CHAPITRE VIL
DE l'analogie entre LES PEINES ET LES DÉLITS.
Analogie , c'est rapport , connexion , liaison par laquelle , entre deux objets, l'un possède la propriété de rappeler l'autre dans Tesprit de la personne en question.
La ressemblance est un mode d'analogie : la dissemblance ou le contraste en est un autre *.
Pour établir de l'analogie entre la peine et le délit, il faut qu'il y ait dans le délit quelque circonstance frappante qu'on puisse transférer dans la peine.
Cette circonstance frappante ou caractéristique sera l'instrument qui sert au crime, l'organe qui le consomme, la partie du corps qui a été le sujet du délit, le moyen employé par le délinquant pour n'être pas reconnu , etc.
Les exemples qire je vais donner n'ont d'autre objet que d'expliquer clairement cette idée d'analogie. Je me borne à dire que telle peine serait analogue à tel délit, sans recommander l'emploi de cette peine d'une manière absolue et dans tous les cas. Il ne suffit pas qu'une peine Mi analogue pour être convenable ; il faut avoir égard à beaucoup d'autres considérations : maïs on ne peut pas tout dire à la fois.
1 Ainsi , de Pidée d*un géant , Tesprit passe à Pidée de tout ce qui est grand; les Lilliputiens appelèrent Gulliver l'homme montagne: ou, de Pidée d'un géant, Tesprit passe i celle d*un nain.
* On doit cependant considérer comme une aggravation remploi de ce moyen, s*il y a danger de feu pour des objets contigQS.
> Le supplice du fèu , autrefoii appliqué en France à ce délit, dut son origine à un faux raisonnement tiré de Phistoire du peuple juif. On crut imiter la Providence, qui avait détruit par le feu deux villes coupables.
Mais, 1oles théologiens de tous les partis conviennent que les dispensations miraculeuses de la Justice divine ne peuvent point servir de règle pour les institutions ordinaire et permanentes des législateurs humains; autrement les^ murmures contre Paulorité * et les moqueries contre la
* QuiDse mille personnes furent mises à mort pour avoir murmuré contre loliie. Forez l*hUt0lre de Coré « Dathan et Ablroo. Nomb; 1,16.