DE LA POPULATION
nécessaire aux étrangers a un moyen naturel de les imposer à son profit. Prenez Vétain pour exemple : FÂDgleterre est le seul pays qui ait des mines de ce métal , au moins toutes les autres sont trop peu considérables pour suffire à la demande. L'Angleterre pourrait donc mettre un impôt considérable snr l'exportation de l'étain , sans avoir à craindre la contrebande, parce qu'on peut le percevoir dans la mine ou dans la fonderie. La France ne pourrait pas rimposer au même point , parce qu'elle donnerait un trop grand appât aux contrebandiers.
Ce principes sont faciles à appliquer aux traités de commerce entre les nations. Tout ce qui est permanent , soit en ce qu'on appelle faveurs , soit en ce qu'on appelle découragements, a fort peu d'effet sur notre commerce en général , puisque le commerce est toujours subordonné au capital qu'on peut y employer. Mais il serait bon de prendre des précautions internationales pour prévenir des changements rapides dont il résulte des détresses temporaires. Chaque nation ferait un sacrifice en renonçant à mettre des impôts ou à les augmenter sur des articles de sa propre exportation : chaque nation en recevrait le dédommagement par un sacrifice réciproque. Le commerce acquerrait ainsi de la stabilité ; et l'on ne se ferait plus cette petite guerre fiscale , cette guerre de douanes qui produit entre les peuples une irritation dangereuse, et toujours infiniment disproportionnée à l'importance de l'objet.
Le premier chapitre du code de commerce devrait avoir pour but de montrer la réciprocité des intérêts internationaux , de prouver qu'il n'y a point d'immoralité, dans les relations de paix, à favoriser l'opulence étrangère, point de mérite à la contrarier.
€e peut être un mal pour nous que notre voisin soit «icfae ; c'en est sûrement un qu'il soit pauvre. Riche, nous pouvons avoir à le craindre; pauvre , il n'aura rien ou il aura peu à nous vendre ou à acheter de nous.
Hais, pour qu'il soit à craindre en raison d'un accroissement de richesse , il faut que cette prospérité ne soit que pour loi seul. 11 ne le serait pas davantage si notre opulence avait fait les mêmes progrès que la sienne, ou si ce progrès avait eu lieu pour d'autres nations aussi disposées que nous â le réprimer.
Les jalousies contre les nations riches ne sont fondées que sur des méprises et des contre-sens. Cest avec ces nations qu'on fait le commerce le plus profitable , celui dont les retours sont les plus abondants , les plus rapides , les plus sûrs.
Les grands capitaux produisent la plus grande division du travail , les machines les plus perfectionnées , la concurrence la plus active des mar-
BKATlUa. — Toai 11.
chands, les plus longs crédits, et, par conséquent, les prix les plus bas. Chaque nation , en receTanI de la plus riche tout ce qu'elle fournit à meilleur marché et de meilleure qualité , peut vouer exclusivement ses capitaux aux branches d'industrie qui lui sont le plus avantageuses.
Pourquoi les gouvernements donnent-ils une préférence si marquée au commerce d'exportation?
V Cette branche est celle qui se présente avec le plus d'apparence et d'éclat ; c'est celle qui est le plus sous les yeux des ministres, et qui doit, par cela même , exciter plus fortement leur attention. D'ailleurs , les négociants en crédit sont plus près d'eux , et font plus de bruit que les cultivateurs.
2» Ce commeree leur parait plus particulièrement leur ouvrage; ils croient faire ; ils s'imaginent qu'ils Sont créateurs : l'inaction leur parait une sorte d'impuissance.
Toutes ces prétentions tombent devant le principe Vindustrte subordonnée au capital. Ces nouveaux commerces , ces établissements lointains, ces encouragements coûteux n'opèrent point de créations nouvelles : ce n'est qu'un nouvel emploi d'une partie d'un seul et même capital qui n'était pas oisif auparavant. C'est un nouveau service qui se forme aux dépens d'un ancien. La sève qu'on fait couler par cette opération dans une nouvelle branche étant dérobée à une autre , donne un produit différent, mais non pas un surcroît de produit (/)•