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peut plaire que sous les auspices de la liberté. En un mot, laissez-les vivre h leur fontaisie, sous la seule condition de ne pas nuire les uns aux afitres.
La population est en raison dos moyens de subsistance et des besoins, Montesquieu , f ondillac , sir James Stewart , Adam Smith , les n^ononiistfs, n'ont qu'un ra^me sentiment sur ce poini *. D'après ce principe, il y a aussi un moyeu d'augmf'nter la population , mais il n'y en a qu'i/^ , c'est d'accroître la richesse nationale , ou , pour mieui dire , de la laisser s'accroître.
Les filles y dit Montesquieu , sont assez portf^es au mariage. — Comment ne le seraient-elles pas? Le^ plaisirs , les sentiments avoués de l'amour ne sont permis qu'à cette condition : ce n'est que par là qu'elles sortent d'un double esclavage , et qu'elles se mettent à la t^te d'un petit empire. Ce sont les garçons, ajoute-t-il, qu'il faut encourager.
Mais pourquoi? Les motifs de l'homme pour le mariage manquent-ils de force? Ce n'est que par là qu'il peut obtenir les faveurs d'une femme qui, à ses yeux , vaut toutes les autres , ce n'est que par là qu'il peut vivre librement et publiquement avec une f!emme honnête, honorée, et qui n'est qu'à lui. Rien de plus doux que l'espob d'une i^mille où l'on donne et l'on reçoit les affections les plus agréables, oiVl'on exerce le pouvoir, où Ton exerce la bienfaisance, où l'on trouve la confiance et la sûreté, où l'on prévoit des secours , des consolations pour sa vieillesse , où l'on se voit remplacer par d'autres soi-même, où Ton peut se dire : Je ne mourrai pas tout entier. On a besoin d'un associé , d'un confident, d'un domestique, d'un conseiller, d'un intendant, d'une maltresse, d'une garde-malade, d'une compagne de toutes les heures : tout cela se trouve réuni dans une épouse ! Quel équivalent pourraiton lui substituer?
Ge n'est pas parmi les pauvres qu'il y a de l'éloignement pour le mariage, c'est-à-dire ce n'est pas parmi les travailleurs; cette classe dont la multi-
i Le nom de M. MaUhnt, qui occupera à Taveuir le po«te d*h(iDoeur eo économie politique sur le tujel de la populatloD , n*ett pas meotioené ici , parce que cet ouvrage était antérieur au sien de bien^det années. J'avais communiqué ce chapitre, avec quelques autres rragment8,aux auteursde la Bibliothèque britannique, qui te rédige à Genève, et il fut Inséré dans le tome VII , année 1798. Si M. Malthut Pavait connu , Il Taurait cité comme une preuve de plut que son principe sur la population n'était pas un paradoxe nouveau ; mais ce qui était nouveau, c'était d'eu faire une application raisonnée et conséquente, d'en Urer la solution de plusieurs problèmes historiques, de parcourir l'Europe, ce principe à la main,et de montrer qu'on ne saurait lutter contre lui tant produire de grands dérangements dans Tordre social } et voUà ce que M. Naltbus a fait d'une manière
plication intéresse seule le public, cette classe qui foit la force et qui crée la richesse de l'État, celte classe qui est la dernière dans le vocabulaire iasensé de l'orgueil , mais que la politique éclairée regarde comme la première.
C'est à la campagne surtout que les hommes cherchent à se marier. Un célibataire n'y aurait pas les ressources qu'il peut trouver dans une ville. Un cultivateur, un fermier, ont besoin d'une femme pour le train de leurs affaires , à toutes les heures de la journée.
La population des classes productives n'est limitée que par les besoins réels : celles des classes non productives est limitée par les besoins de convention.
Par rapport à celles-ci, au lieu de les porter au mariage par des invitations, des récompenses, des menaces , comme fit Auguste, on devrait leur safoir bon gré de vivre dans le célibat. L'accroissement de ces classes purement consommatrices n'est no avantage ni pour l'État ni pour elles-mêmes. Leur bien-être est exactement en raison inverse de leur nombre. Si elles venaient à s'éteindre insensiblement, comme en Hollande, où il n'y a presque aucun citoyen qui n'exerce quelque industrie, où serait le mal? D'un travailleur, on peuttouyoun faire à l'instant un consommateur oisif, on Defiiit pas sitôt un bon travailleur : il faut de l'aptitade, il faut de l'exercice ; l'industrie ne s'acquiert que lentement, si même, à un certain âge, on peut l'acquérir. D'ailleurs , quand un consommateur passe dans la classe des travailleurs , c'est par des revers de fortune , et il est dans un état de souffrance. Quand un travailleur est transporté dans la classe des consommateurs, il est exalté à ses yeux comme à qeux des autres , et son bonheur est ait |^l le plus sensible. — Par toutes ces raiso^i 9 faut que la classe oisive , pour son propri^^ntérèi, n'augmente pas , et c'est un grand bien si elle diminue , soit par le célibat , soit en se reversaot dans les classes laborieuses >•
aossi solide par le raisonnement, qu'intéressante par le style et par les détails.
M. Mallbus a fait une addition essentielle i la théorie ée la popnlation.il a prouvéque la multiplication des homioo croissait dans une proportion plus grande que les mojtoi de subsistance ; or, puisque les capitaux qui sont le fonds des salaires ne croissent pas dans la même progressien que les hommes, il fout que ceux-ci, en se muUipliant, se réduisent à une moindre part , et que , de rabais en rabais, il y ait une classe qui tombe dans l'extrême misère. {Éd.)
s L'auteur est conséquent ; et Montesquieu, ce me semble, ne l'a pas été. Liv. XXI 11 , chap.* x , il a bien exposé le ttsI principe, mais il ne Pa pas suivi.
Cet éloge des*règlements d'Auguste sur le mariage ait bien singulier. Ils auront plu à Mootesquiot |>ar qncJqot
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On D*a ce$»é d'accuser les couvents de nuire â la population. Les couvents pauvres, les ordres mendiants y nuisefit sans doute , car ils ajoutent au nombre des consoipniateurs oisifs. Il n*en est pas de même des couvents riches , ils n'ajoutent rien à ce nombre. Qui possédait! rente des terres, commande le travail sans IravafflfT lui-même; mais un foDds destiné à nourrir des oisifs , qu'importe qu'il se transmette de père en fils ou d'étranger à étranger?
On déclame contre les grandes villes. Ce sont, dit-on , les gouffres où va se perdre la population -des campagoes. Ce qu'elles fournissent aux villes est visible pour tout le monde; ce qu'elles en reçoivent est moins apparent. C'est l'ancienne querelle de l'estomac et des membres. La culture augmente en proportion des consommateurs. On vit plus long^temps à la campagne, mais pour y faire Dahre un plus grand nombre d'hommes, il faut que les villes y envolent des capitaux qui animent le travail.
Ce mal imaginaire, l'agrandissement des villes , a excité les craintes les plus extravagantes. On a porté l'absurdité au point de faire des règlements pour borner leur enceinte. On aurait dû en faire poar l'agrandir. On aurait prévenu les maladies contagieuses. On aurait rendu l'air plus salubre. Les règlements contraires ne diminuaient pas le nombre des habitants , mais les forçaient de s'en- Usser dans des demeures étroites, et de bâtir une vUle sur une autre.
Les émigrations sont-elles désavantageuses à la population d'un État? Oui, si les émigrants avaient pa trouver de l'emploi chez eux ; non , si c'est le contraire. Mais il n'est pas naturel que les travailleurs s'expatrient s'ils trouvent de quoi vivre chez eux. Cependant s'ils le désirent, i^ut-il le leur défendre? On peut distinguer les cas. Il se peut que
Mée vague de protection des mœurs. Ils offreol la violation <le tous les principes sur les peines el les récompenses : point d'analogie , point de proportion ; on punit un homme parce qaMI est malheureux oupréTOjant; on le récompense parée qa*il est heureux ou impréfoyant; on corrompt le nuriage par des fues politiques et mercenaires, et avec tout cela, le but même qu*on se propose est manqué. Montesquieu aToue rimpuissance de ces lois. Le bien du remède étant nul, il ne reste plus que le mal.
n blâme Louis XIV, chap.xxTii, de n*afoir pas auez fait pour encourager le mariage en ne récompensant que des prodiges de fécondité.
Louis XIV n'aTail fait que trop par ses établissemenU pour la noblesse pauvre, et on ne Ta que trop imite. L*ho- Duinité est le motif de ces fondations ; mais cette humanité est également malfaisante par rapport au peuple qui en fait les frais , et par rapport à la classe qu'on veut soulager et qu'on ne soulage point. Âo contraire , plus on fait pour aider les Indigents de cet ordre, plus on les multiplie. En effet, il y a pour chaque individu une certaine quanUté
00 désir soit produit par quelque dégoût momentané , par quelque idée fausse, quelque prévention qui entraîne une multitude d'hommes avant qu'ils aient le loisir de se désabuser. Je n'affirmerais pas qu'il n'y eût des circonstances où l'on pourrait défendre l'émigration par un édit passager ; maig convertir cette défense en loi perpétuelle, c'est changer l'État en prison; c'est publier, au nom même du gouvernement, qu'il ne fait pas bon y vivre. Il semble qu'un tel édit dût commencer ainsi : « Nous , etc. , ignorant l'art de rendre nos sujets heureux , bien assurés que si nous leur laissions la liberté de fuir, ils iraient chercher des contrées moins opprimées , leur faisons défense , etc. »
Ne serait-ce point aggraver le mal même? Peuton garder toutes les frontières d'un grand pays ? Louis XIV, dans sa toute-puiasance , en vint-il à bout? Autant de personnes ainsi enchaînées, autant de mécontents et de malheureux qui seront observés avec défiance, qu'il faudra réprimer peut-être par des moyens plus violents , et qui deviendront ennemis , se voyant traités comme tels. D'autres, qui n'auraient jamais songé à quitter leur pays , s'inquiéteront en se voyant forcés d'y rester. D'autres, qui projetaient de s'y établir, se garderont bien de le faire. Pour quelques individus retenus malgré eux, vous perdez tous ceux qui seraient venus volontairement.
L'Angleterre a fait quelques pertes temporaires d'hommes et de capitaux par les émigrations en Amérique. Mais qu'est-il arrivé? Il est revenu de ces contrées une masse de productions qui ont plus que dédommagé la mère patrie. Les hommes , les capitaux , transportés sur ces terrains neufs, ont rendu un bénéfice plus considérable pour l'Angleterre même que s'ils avaient été employés dans son sein. Pour mettre tout cela au net, il faudrait bien
de moyens qui le met en état de se marier. Se marie-t-il imprudemment, sa détresse est un mal , sans doute, mais elle opère comme un avertissement pourd*autres personnes dans la même classe. Si vous combattes cet effet naturel , si vous instituez des fondations pour les familles , des pensions, des faveurs à litre de mariage , que s*ensuU-il?.Ce n'est plus un établissement soumis au calcul, c*est une loterie : on consultera moins la prudence que Pespérance ; ainsi beaucoup s'aventurent, mais peu réussissent. Vous avez voulu donner un secours, et vous avez tendu un piège. Ce que vous avez fait pour diminuer le mal n'a servi qu'à l'empirer. Par pitié même pour les infortun<^s de cet ordre, il faut s'abiitenir de les encourager au mariage. Quand ils n'auront plus de trompeuse espérance , ils ne seront plus malheureux.
Il n'existe en Angleterre ni restriction ni encouragement: oq n'a pas craint que la noblesse vint à y manquer; on n'a pas craint que le célibat nuisit à la population ; et l'on n'y connaît point cette maladie triste et honteuse, l'existence d'une classe affectée à l'oisiveté et à l'indigence.
DES GOLONIi&
des données et bien des calculs ; mais on peut le présumer en g^éral par la ^aste étendue de ce nouveau commerce.
Au sujet de l^émigration , le parti le plus sag:e est donc de ne rien faire. Sous le régime de la liberté , le bien est certain ; sous le régime de la contrainte, c'est le contraire.
On peut aisément apprécier, d'après cela , Tavantage des immigrations. Pour peupler un pays encore en friche , il sera bon d'attirer des étrangers qui n'ont que leurs bras; il peut même être avantageux de leur faire quelques avances pour les établir.
Par rapport aux moyens de prévenir la destruction de l'espèce , ils appartiennent à cette branche de la police qui s'occupe des subsistances et de la santé publique. Qu'on soit tranquille sur la population : on aura partout assez d'hommes , pourvu qu'on ne leur aie pas le nécessaire , et le contentement qui en fait partie, par un gouvernement dur et tyrannique <•