‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 239 sur 468 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

MODES DE TRAN86RE88lO!f DANS LE TÉMOIGNAGE.

Quoique tous les modes de transgressiou dans le témoignage soient connus , et qu'il n*y ait rien de oouTeau à dire à cet égard , il n'en est pas moins nécessaire de les signaler, puisqu'ils sont la base d'un système de précautions de la part du législateur ; mais , dans cette carrière comme dans plusieurs autres , les dangers sont faciles à découvrir ; il n*y a pas la même évidence dans les moyens d'y obvier.

Pour conduire à une bonne décision, le témoignage doit avoir deux qualités; il faut qu'il soit esacù et complet, qu'il ne contienne rien que la vérité et qu'il contienne tottte la vérité , c'est-à-dire «ne juste représentation de tous les faits essentiels à la cause.

tJn témoignage peut être inexact de deux manières : !• par fausseté positive, si le témoin affirme un fait qui réellement n'a pas existé ; 2» par fausseté négative, s'il nie un i^it qui a réellement existé : en d'autres terme*s, un témoignage est inexact par fausse affirmation ou par fausse négation.

Un témoignage est incomplet lorsqu'il ne représente pas un fait essentiel qui a réellement existé : faux par omission.

Dans tous ces cas , la transgression peut être innocente ou blâmable : innocente, si elle n'est point intentionnelle ; blâmable , si le témoin a la conscience de sa faute ; ce qui suppose aussi qu'il connaît l'importance de sa transgression , c'est-àdire son influence probable sur l'issue de la cause : sa transgression prend alors le caractère de mensonge.

* En anglais, indislinctnets : embrouillement , obMurité résultant des faits déplacés , mutilés ou omis , de circon-

M ais même la simple erreur n'est pas exemple de blâme , dans le cas oà le déposant aurait pu l'éviter en donnant à son témcignage le degré d'attention qu'il était tenu de lui donner. Ce défuH d'attention peut naître de deux causes : d'une négligence paresseuse ou présomptueuse , ou d'un motif caché qui le détourne, à son insu, de la recherche de la vérité.

La transgression , exempte de mauvaise f6î , est imputée à la témérité, et le témoignage qui en résulte est un témoignage imprudent ou téméraire.

A ces déviations de ce qui constitue an bon témoignage. Il faut en ajouter une autre que j'appelle confusion, faute d'un terme plus précis *.

La conftision peut être l'eflet de l'incapacité , de l'ignorance du langage, ou de la précipitation; mais c'est ta ressource la plus fréquente de la mauvaise foi , et un de ses moyens de succès les pins assurés. '

Il est des cas oi^ une déposition conftise peut avoir l'effet d'un faux exposé ; elle laisse dans l'eqprfC la même idée fausse qu'une assertion expresse ; was» le plus souvent ce n'est qu'un mode d'évasion : le déposant y a recours pour parler sans rien dire , sans s'exposer aux dangereuses impressions que le silence, un silence absolu ne manquerait pas de produire à sa défaveur.

Le succès d'un langage confus dépend beaucoup de la grandeur de la masse , quand il s'agit de documents écrits. A ne prendre qu'une phrase , si elle est vague , obscure , insignifiante , le défaut perce immédiatement ; mais quand le volume grossit, la transparence diminue : et comme le travail de l'esprit devient plus difficile en se prolongeant , le créateur de ce chaos peut espérer que la lassitude produira l'accablement , et que la lumière ne pourra jamais percer celle masse de ténèbres.

stances inutiles , qui égarent PespHt dans des accessoires , oud*expressions équivoques employées avec art ou san«arc.

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