Comparaifon du mode oral et du mode épitlolaire
\^ Ces deux modes sont égaux sous le rapport de la pariwu/atiié. Il n'y a point de question qu'on ne puisse foire par écrit comme de bouche : il n'y a point de circonstance à laquelle on ne puisse arriver de l'une et de l'autre manière.
ï I^.TiEKifE, Discours sur la Censure, aun. 1S23.
Mais , dans le foit , il y a ^ine grande diflFérenee même à cet égard ; la facilité d'interroger un témoin présent conduit à ces détails auxquels on ne songerait pas lorsqu'on rédige des questions par écril.
2« A l'égard de la permanence ou de la fixation du discours , le témoignage oral ne sera point inférieur au mode épistolaire , avec le secours da tachygraphe.
3* Si vous supposez la capacité et la bonne foi du témoin, il y aurait un avantage très -grand et très-sensible dans le mode épistolaire , sous le rapport de l'exactitude et de la plénitude du témoignage, en tant que ces qualités dépendent de la réflexion dûment et honnêtement appliquée à se rappeler tous les faits , à les placer dans leur véritable ordre. Il n'y a plus lieu aux imperfections d'an interrogatoire subit, au trouble qui peut altérer momentanément la mémoire, à de% transpositions involontaires de faits et de circonstances: c'est là sans doute la principale cause qui a fait prévaloir ce mode dans un si grand nombre de cas.
Mais cet avantage , comme on l'a dit , dépend de la bonne foi supposée du témoin : car, s'il a quelqoe disposition à mentir, le mode épistolaire lui donne de grandes facilités , non-seulement parce qu'il a k loisir de méditer et de combiner ses réponses , mail encore parce que la série même des questions qu'on lui adresse est un fil qui le guide , qui loi montre le but auquel on veut parvenir et lui suggère des instructions d'après lesquelles il se dirige.
S'il est de mauvaise foi , l'expédlept auquel il aura recours sera bien moins le mensonge , par lequel il peut aisément se compromettre, que le style indistinct et le genre nébuleux , qui échappe a la conviction : car en ceci l'artifice ne fait qu'imiter l'incapacité naturelle d'un entendement opaque et confus. Il entasse paroles sur paroles , il jette les matières dans l'état le plus complet de désordre, il abonde sur ce qu'on ne lui demande pas , il se tait sur tout ce qu'on veut savoir, il donne è la vérité même de fausses couleurs , en un mot il cherche à s'échapper dans l'obscurité. Ceux qui connaissent les écritures des plaidoiries ne trooveront pas cette représentation exagérée.
Dans le mode oral , les digressions de ruse ou d'ignorance sont arrêtées dès le premier pas. Toute expression louche est relevée. Si le répondant persiste dans ses phrases vagues ou équivoques , il donne un indice défovorable à sa cause ou â son caractère. Une obscurité prolongée et affectée serait l'équivalent du silence.
Un avantage qui appartient au mode épistolaire, c'est d'être tout à fait exempt d'un inconvénient