‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 283 sur 468 · Le dépotant oe parlaot qu*à la premièro pertoime · texte numérisé non relu

Le dépotant oe parlaot qu*à la premièro pertoime

J'observe, sur cette règle , qu'elle est opposée à la pratique généralement établie dans le système technique : celui qui répond ne parie qu'à la troisième personne : ie défendeur a dUj le défendeur a fait y etc ; au lieu de dire : Xai dit y j'ai fait^ etc.

L'origine de cette coutume si ridicule, si bizarre, remonte au temps où l'art d'écrire était un monopole entre les mains des clercs, des homme^A loi. Les déposants qui avaient à faire un narré par écrit s'adressaient à un avocat, qui le rédigeait pour

eux ; et l'écrit, signé ou non signé par les déposants, devenait une sorte de preuve sur oui-dire.

Le secours d'un homme de loi n'était pas tans utilité. Laissé à lui-même, un homme de la classe commune ne sait point se renfermer dans son sujet, il omet l'essentiel et se perd dans des accessoires. L'homme de loi , pour son propre crédit , réprime ces écarts, et le ramène au point principal. VoOi un avantage sensible ; mais il n'y en a aucun à donner au discours une ferme indirecte , à raconter ce qu'a dit le déposant au lieu de le faire parler luimême.

Au contraire, il y a un grand inconvénient. La responsabilité du témoin est diminuée à ses propres yeux : ce qu'il dit , ce n'est plus en son nom qu'il le dit; c'est au nom d'un autre, et d'un autre plus habile que lui , qui sait mieux ce qu'il faut taire , et la tournure qu'il faut donner aux choses. Ce n'est plus lui qui porte le blâme , s'il y en a ; ce n'est plus sa conscience qui répond de ce qu'on écrit. Ce qu'un autre dit pour moi est plus ou moins son affaire; ce que je dis en mon nom est exclusivement la mienne, je suis seul à en répondre.

On trouvera peut-être cette distinction subtile; mais pour peu qu'on y réfléchisse , on sentira qu'elle est juste^

s. Les paragraphes courts et Dumérotés.

Les paragraphes courts ; pourquoi? La fable des faisceaux, séparémemt fragiles, collectivement inflexibles, fournirait une réponse emblématique, mais facile à entendre.

Divide et impera: maxime de tyrannie, soit; mais c'est une maxime de logique et d'une grande importance. C'est par la division d'un sujet qu'on s'en rend maître. Un plaideur de mauvaise foi cherche à se sauver par la confusion dans nne grande masse de témoignages : il laisse^es questions sans réponse : et plus il entasse d'inutilités, plus il est difficile d'apercevoir ce qu'il omet d'essentiel. Quand on lui présente une série de questions bien distinctes et numérotées, chaque réponse doit se rapporter à son numéro : la confrontation est immédiate, Tattenlion est toute dirigée sur un seul point : l'insuffisance d'une réponse devient manifeste ; et un plaideur qui se voit sous la censure de son juge est retenu par la^pudeur et par la crainte.

Les questions prennent naturellement la forme d'une proposition courte et simple. Si, au lieu d'être simple, une question est complexe, on le voit d'abord , et on voit aussi comment il faut la décomposer pour la résoudre en propositions simples. Quaud celui qui pose la question désire une réponse

DU SECRET

claire, il est disposé à faire une questioo claire et distincte; mais s'il a quelque motif pour embrouiller et prolonger les affaires , il pose ses questions d*une manière obscure et complexe , et cela même devient un indice de sa mauvaise foi.

Comme les questions font naître les réponses, les réponses font naître souvent de nouvelles questions : mais dans ces explications successives on a souvent besoin de se référer à celles qui ont précédé. Qu'on imagine dans quelles difficultés on se jette, à combien de répétitions on s'oblige, si on n'a pas le fil des numéros pour se guider dans ce dédale?

Qui croirait qu'on soit obligé de prouver des choses si simples? Qui croirait qu'on déMspère de les faire adopter > ?

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