‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 324 sur 468 · DE LA PEUR, INDIQUÉE PAR L'ÉTAT PASSIF · texte numérisé non relu

DE LA PEUR, INDIQUÉE PAR L'ÉTAT PASSIF

VoccMion : car sans cela , en supposant même la peur la mieux démontrée, cette émotion pourrait ayoir la cause la plus innocente et ne prouverait absolument rien.

Ce qu'il faut entendre ici par Voccasion, c'est la circonstance où se trouve un homme qui est accusé du délit supposé, ou qui se regarde comme soupçonné d'en être Fauteur.

La peur, en tant qu'elle se manifeste aux yeux du juge dans l'état passif de l'individu , doit être considérée comme une chaîne de faits dont les anneaux sont unis dans l'ordre suivant :

Premier anneau. Les faits qui tombent sous les sens du juge , les symptômes de peur : ce sont tous les faits physiques , la pâleur , la rougeur, l'hésitation , le tremblement ,. etc.

Deuxième anneau. L'émotion de la peur, fait interne ou psychologique, indiqué par les apparences externes ; on suppose que ces symptômes sont occasionnés par l'appréhension des conséquences attachées au délit.

Troisième anneau. Conscience criminattve , en tant que le délinquant supposé sait que le délit a été commis par lui-même.

Quatrième anneau. Le délit.

Nous verrons bientôt qu'il était nécessaire de distinguer cette chaîne anneau par anneau , parce que à chacun de ces anneaux il y a des considérations infirmatives qui lui appartiennent.

La chaîne des conséquences par laquelle ces divers anneaux sont unis se forme de la manière suivante : 1* des apparences physiques considérées comme symptômes de peur, on conclut à l'existence de cette émotion ; ^ de cette émotion on conclut à l'existence d'une conscience criminative ; 3* de cette conscience criminative, on conclut à l'existence du délit.

Les symptômes physiques, qui sont regardés comme des effets de la peur, peuvent se ranger dans l'ordre suivant : !• rougeur ; â« pâleur ; !• tremblement ; 4* évanouissement ; K^ sueur ; 6« évacuations involontaires; 7« pleurs; 8« soupirs; 0* sanglots; 10* convulsions des membres ou du visage; 11« agitation des pieds; 1S« exclamations; 130 hésitation ; 14* bégayement ; 13<» étouffement de voix.

Entre ces symptômes , ITen est qui sont indépendants de la volonté , la volonté même ne peut pas les produire : il en est d'autres qui peuvent être produits par Taction de la volonté , sans Texistence de l'émotion , comme on le voit dans les imitations théâtrales.

Plusieurs de ces symptômes appartiennent en commun à trois sortes d'émotions, celle de la peur, •telle de la tristesse et celle de la colère.

Considéfations on prohabîlf tes affimutirefl.

Il en est de cette espèce de chaîne psychologique comme d'une chaîne physique. Elle est d'autant plus faible qu'il entre un plus grand nombre d'anneaux dans sa composition. Pourquoi? Parce que chaque anneau porte avec soi ses propres probabilités infirmatives.

L Faits infirmatifs attachés à la première conclusion ; savoir : d'après les symptômes de la pear, l'existence de l'émotion de la peur.

La cause de ces symptômes n'est pas la pem^; 1<» c'est une cause purement physique : par exemple, une indisposition corporelle ou une agitation nerveuse produite par iMe excessive timidité ; 2* c'est une cause mentale, une émotion, mais une énH>tion d'une nature différente , tel^e que la douleur o» la colère; douleur ou colère produite dans l'accusé par f'appréhension du tort que Taccusation peut faire à son honneur, malgré son innocence.

n. Faits infirmatifs attachés à la seconde condosion ; savoir : d'après l'émotion , l'existence de la conscience criminative.

1« Conscience criminative réellement , mais non par rapport au délit en question ; consciente d'oa délit, mais d'un autre délit que celui dont le prévenu est accusé ou soupçonné ;

3<* Connaissance d'un délit commis, non par l'accusé lui-même , mais par quelque personne liée sf ec lui par des nœuds de sympathie , et sur qui l'enquête actuelle peut amener les soupçons et la condamnation ;

3<* Souvenir de quelque fait iqui, sans aucun délit de sa part , peut avoir été ou devenir b source de quelque vexation pour lui-même ou pour quelque personne liée avec lui par des nœuds de syapathie * ;

4« Appréhension de subir la peine , nonobstant rinnocence. La force de cette probabilité infirmative dépend beaucoup du caractère général 'de la procédure sous lequel l'enquête est foite. Combien de conirées où les tribunaux sont si mal composés, ont des formes si barbares, que l'homme le plus innocent ne peut s'y présenter sans terreur!

3<> Appréhension des vexations attachées à vn procès criminel, nonobstant l'innocence. Cette circonstance est plus ou moins inftrmative , selon

1 InflÊtidum, Uêfina^Jub€i rênovarê dolorem.

inée n^était pat sur sa défense; U n*éproovait point l*émoUon de la pear, mais celle de la donleor.

Quit talia ramdo

Temperet a liKrjrmù ?

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