Exclusion à raison d'intérêt dans la cause
Si l'intérêt, en prenant ce mot dans le sens le plusgénéial, est une raison suffisante d'exclusion, il en faut conclure que tout témoignage provenant d'une bouche humaine devrait être exclu.
S'il n'y avait point d'intérêt , c'est-à-dire point de motif, il n'y aurait point de témoignage. Si c'est un intérêt qui produit des témoignages infidèles , c'est un autre intérêt qui donne des garanties pour se préserver de l'erreur et qui produit des témoignages dignes de foi.
Quand l'intérêt trompe, ce ne peut être que par le moyen d'un témoignage inexact et incomplet ; son effet immédiat sur le témoin est de le porter à mentir. Mais la fausseté n'est nuisible qu'autant qu'elle passe pour la vérité dans l'esprit du juge , et qu'elle produit un jugement erroné. Or, est-ce là une conséquence nécessaire? Est-ce même une conséquence probable? N'est-il pas, au contraire, à présumer que des faussetés , s'arrangeant mal avec l'ensemble des faits , seront découvertes et contribueront autant qu'un vrai témoignage à l'instruction du juge ?
Lorsqu'il existe de la part du témoin un intérêt qui le porte à mentir, plus cet intérêt est manifeste, moins il est dangereux pour le juge.
Est-il pécuniaire, sa tendance séductrice est
exercer cet emploi. Ce sont autant d'espions, de délateurs qu'on placera auprès d'eux. C'est dès lors supprimer entièrement la défense. Cette nouvelle face de la question doit être examinée.