DEPUIS LE SIMPLE BLÂME JUSQU'A L'INFAMIE
Celte espèce ^Hmtalion, de considération factice, est commimémëiil annexée aux offices publics qui confèrent du pouvoir ; mais «Ile existe aussi
épenraamment des emplois jpbliliques. Il 7 a une — factice attachée aux conditions élevées, dce , à la richesse , à certaines occupa- ; qui possèdent ce rang idéal jouissent aine supériorité convenue, sans avoir fait pour la mériter. La considération factice reste encore, jQvIfme quand elle n'est point soutenue par ce que j'aiâppelé réputation naturelle.
Tout ce qui est donné par l'autorité , l'autorité peut r^ter : le souverain, qui peut faire un noble, peut réduire ce noble à l'état de roturier ; mais les préjugés limitent ce pouvoir. La sentence^'un juge^^ dégradant lit^entilhomme, ne peut pas faire qu'il ne soit né d'un père gentilhomme. Tout ce qu'elle peut, c'est de le dépouiller d'une portion plus ou oÉbs graiitle du respect que les hommes étaient (liSfMls à lui accorder à raison de sa naissance.
La dégradation devrait enlever à l'individu toute cette portion de respect attaché au rang dont on le dégrade ; mais l'imagination des hommes n'est pas si docile aux ordres du pouvoir. L'homme qui a possi^^e grandes dignités , et qui a longtemps conâinaRé le respect , ne sera jamais privé entièrement de toute cette considération dont il était entouré. 11 n'aura plus le même éclat, mais il en reste comme un crépuscule. Cependant il est à peu près certain que la dégradation met un individu dans un état pire que s'il n'avait jamais eu le rang^dorfl il est privé ; parce qu'en général, ne pas posséder un bien est un moindre mal que le perdre après ravoir possédé.